Piscines Grand Paris : nos 10 plus belles adresses
Trente-six degrés annoncés, deux ados qui réclament la piscine et un compte en banque qu'on n'a pas envie de martyriser : le Grand Paris répond présent. Dix bassins remarquables, du 13e arrondissement au Val-d'Oise, prouvent que la beauté architecturale et le tarif municipal font bon ménage. Petit tour d'horizon sans prétention, mais avec beaucoup d'eau.
Cinq piscines d'exception à moins de 7 euros
La surprise vient d'abord de Pantin, en Seine-Saint-Denis. La piscine Alice-Milliat mérite franchement le détour. Sa façade de béton armé habillée de briques abrite un bassin de 33 mètres hérité de 1937 : balustrades travaillées, cabines peintes d'un bleu de Sèvres, casiers en bois blond qui réchauffent immédiatement l'atmosphère. L'eau est traitée au sel plutôt qu'au chlore liquide, ce qui donne une sensation étonnamment proche de la baignade en eau douce. Tarifs compris entre 2,20 et 5,50 €. Accès : métro Hoche (ligne 5) ou RER E gare de Pantin.
Direction le 18e arrondissement pour la piscine des Amiraux, conçue en 1927 par Henri Sauvage et classée Monument historique. Les coursives en faïence blanche surplombant le bassin, le vert d'origine reconstitué à l'identique : le cadre est d'une cohérence rare. Ce bassin de 33 × 10 mètres est celui du générique du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Le nageur qui cherche à enchaîner des kilomètres sera frustré ; tous les autres ressortiront ravis. Tarifs : de 2 à 3,50 €, métro Marcadet-Poissonniers (lignes 4 et 12).
Le 13e arrondissement concentre deux adresses indispensables. La piscine de la Butte-aux-Cailles, inaugurée en 1924 et classée, propose une rareté : un bassin nordique de plein air à l'eau naturellement chauffée, accessible toute l'année. Le billet extérieur weekend coûte 6,50 €, le tarif standard reste à 3,50 €. Cour intérieure à l'abri du vent, quelques minutes à pied de la place d'Italie. La piscine Joséphine-Baker, elle, flotte sur la Seine quai François-Mauriac. Son histoire se termine : la Ville de Paris a confirmé sa fermeture définitive, la structure étant jugée irréparable après vingt ans de service. Elle reste ouverte cet été, avec une demande de prolongation jusqu'au printemps 2027, sursis non garanti. Raison de plus pour y nager sans attendre. Tarifs : de 3,20 à 6,50 €.
Dans le 19e, la piscine Georges-Hermant offre 50 mètres sous le ciel dès que son toit-tente s'escamote autour du mât central. Tarifs identiques à la Butte-aux-Cailles. Une parenthèse inattendue à deux pas des Buttes-Chaumont, avec, détail savoureux, du sable sous les pieds en sortant du bassin. La piscine Roger-Le-Gall, porte de Vincennes (12e), fonctionne sur le même principe de chapiteau rétractable, avec un bassin de 50 mètres. Curiosité locale : un créneau naturiste hors saison, trois soirs par semaine. La billetterie en ligne de la Ville n'est pas valable l'été, pensez-y.
Quatre escapades aquatiques hors de Paris intra-muros
Sortir du périphérique ouvre d'autres horizons, souvent moins fréquentés. Voici quatre adresses qui valent le trajet.
- Le Dôme, Saint-Germain-en-Laye (78) : bassin extérieur de 25 mètres chauffé à 28 degrés, en bordure immédiate de la forêt de Saint-Germain. Accès direct en RER A.
- Piscine des Murs-à-Pêches, Montreuil (93) : premier bassin d'Île-de-France assaini sans chlore ni produits chimiques, sur un site classé réserve de biodiversité. Toboggan de dix mètres, espace bien-être avec saunas et hammam. Entrée à 3,50 € pour les résidents d'Est Ensemble, 5,50 € pour les autres. Capacité limitée à 675 personnes, risque de fermeture temporaire aux heures chaudes.
- Nogent nautique, Nogent-sur-Marne (94) : fosse à plongeons de six mètres avec plates-formes jusqu'à dix mètres, bassin olympique en plein air avec vue sur la Marne et le port de plaisance. Vingt minutes de marche depuis le RER A, le long de belles demeures bourgeoises.
- Plage fluviale de L'Isle-Adam (95) : un hectare de sable, deux toboggans, bassin olympique inauguré par Johnny Weissmuller en 1949. Tarifs de 6 à 21 €. Idéal pour une sortie immense format hors des sentiers battus dans le Grand Paris.

Magnifiques mais chères : trois adresses à connaître
Certains bassins méritent d'être signalés pour leur beauté architecturale, même si leurs tarifs sortent clairement du registre municipal. Annette K. (15e arrondissement) propose 50 mètres de plein air sur une péniche face au parc André-Citroën, avec vue sur la tour Eiffel. Comptez environ 19 € en semaine et 21 € le week-end, transat en supplément. Difficile de ne pas comparer avec les 3,50 € de la Butte-aux-Cailles.
| Piscine | Tarif entrée | Accès TC |
|---|---|---|
| Alice-Milliat (Pantin) | 2,20 à 5,50 € | Métro ligne 5 / RER E |
| Butte-aux-Cailles (Paris 13e) | 3,50 € (ext. 6,50 €) | Métro lignes 5, 6, 7 |
| Annette K. (Paris 15e) | 19 à 21 € | Métro ligne 8 |
| Palais des sports (Puteaux) | 11,50 € non-résidents | RER A / Métro ligne 1 |
Le Palais des sports de Puteaux (92) impressionne avec ses colonnes gréco-romaines et son bassin à remous, mais l'accès est restreint aux abonnés dès que la température dépasse 25 °C. Quant à Molitor (16e), devenu hôtel, la visite des 78 cabines décorées par des street artists reste possible le mercredi et le samedi sans être client, mais la baignade suppose un budget autrement plus conséquent.
Ce qu'on ne vous dit pas toujours avant d'aller nager
La fréquentation explose dès les premiers jours de canicule. Arriver tôt ou en semaine change radicalement l'expérience. Plusieurs bassins extérieurs ferment temporairement quand leur jauge est atteinte : c'est le cas des Murs-à-Pêches à Montreuil, limité à 675 personnes. Prévoir un plan B n'est pas une mauvaise idée.
Autre point souvent négligé : la sécurité et le respect des nageurs. Les grandes piscines parisiennes ont renforcé leur surveillance ces dernières saisons. Des comportements intrusifs signalés dans plusieurs piscines parisiennes ont conduit des établissements à revoir leurs dispositifs. Avant de choisir votre bassin, notamment avec des enfants ou des adolescents, vérifier les dispositifs de surveillance en place reste un réflexe utile. La beauté d'un lieu ne dispense pas d'un minimum d'attention à ce qu'il s'y passe.
Harry est rédacteur en chef du média Grand Paris Metropole, où il supervise la ligne éditoriale et coordonne les équipes rédactionnelles. Journaliste expérimenté, il couvre les enjeux urbains, politiques et sociétaux du Grand Paris avec rigueur et curiosité.
Quarantenaire et papa de deux ados, il apporte un regard humain et ancré sur les sujets de famille, mobilité et vie locale, tout en veillant à l'impact concret des publications. Il vise à informer et à engager les lecteurs autour des transformations métropolitaines.