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Forêts urbaines à Paris : quel bilan pour ces nouveaux espaces verts ?
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Forêts urbaines à Paris : quel bilan pour ces nouveaux espaces verts ?

Par Laurene · · 3 min de lecture

Paris souffre particulièrement lors des vagues de chaleur. Avec seulement 14 % de surface boisée hors bois de Boulogne et de Vincennes, la capitale figure parmi les villes européennes les moins arborées. Face à ce constat, Anne Hidalgo s'était engagée, dans le cadre de la mandature 2020-2026, à planter 170 000 arbres et à créer quatre forêts urbaines à Paris. À quelques semaines des élections municipales, il est temps d'examiner ce que ces projets ont réellement produit.

Quatre sites transformés, des résultats concrets mais inégaux

Trois espaces boisés urbains ont déjà été inaugurés. La place de Catalogne (XIVe arrondissement), ancienne place entièrement minéralisée d'environ 1 hectare, a accueilli 470 arbres de 16 espèces sur 4 000 m², soit une densité de 12 arbres pour 100 m², complétés par 1 200 arbustes. Le bois de Charonne (XXe arrondissement), aménagé sur une ancienne voie de la petite ceinture, couvre environ 2 hectares. On y compte près de 7 500 jeunes plants sur 40 essences différentes, auxquels s'ajoutent 112 arbres de haute taille. Ce site jouxte le jardin de la gare de Charonne, square historique créé en 1986.

Voici un aperçu synthétique des quatre sites :

Site Arrondissement Surface végétalisée Inauguration
Place de Catalogne XIVe 4 000 m² Juin 2024
Bois de Charonne XXe ~20 000 m² Septembre 2024
Parvis de l'Hôtel-de-Ville IVe 2 500 m² Juin 2025
Place du Colonel-Fabien Xe/XIXe 1 460 m² Prévue T1 2026

Le parvis de l'Hôtel-de-Ville propose 46 arbres matures pouvant atteindre 10 mètres, répartis sur deux espaces végétalisés totalisant 2 500 m². Des essences comme le charme, le févier d'Amérique ou le chêne chevelu y ont été plantées. Quant à la place du Colonel-Fabien, son aménagement de 1 460 m² avec 79 nouveaux arbres devait s'achever au premier trimestre 2026.

De vraies forêts parisiennes ou d'ambitieux espaces verts revisités ?

La question mérite d'être posée franchement. Selon la définition de la FAO, une forêt requiert au minimum un demi-hectare et 10 % de couvert arboré. La plupart de ces espaces n'atteignent pas ces seuils. Il ne s'agit donc pas techniquement de forêts, mais plutôt de mini-forêts urbaines denses, distinctes à la fois des squares haussmanniens et des micro-forêts Miyawaki, dont la méthode repose sur des plantations très serrées de jeunes plants de moins d'un mètre.

Ces nouveaux espaces présentent néanmoins des atouts réels :

  • Une diversité d'essences favorisant la résilience climatique
  • Une désimperméabilisation des sols et un apport de terre végétale significatif
  • Une contribution aux continuités écologiques dans la ville dense
  • Une prédominance d'espèces indigènes du Bassin parisien, notamment à Catalogne

Des limites existent en revanche. À la place de Catalogne, 95 % des arbustes sont issus de deux espèces d'Extrême-Orient. La cohérence botanique reste perfectible. Par ailleurs, ces opérations pilotes, à fort impact médiatique et coût élevé, doivent impérativement s'inscrire dans une stratégie plus large.

Le Plan arbre 2021-2026 de la Ville prévoit justement de compléter ces forêts urbaines par des alignements d'arbres, des extensions de parcs, une végétalisation des cours d'école et des talus du périphérique. L'enjeu dépasse largement quatre sites : il s'agit d'accroître durablement la canopée parisienne pour préparer la métropole aux décennies climatiques difficiles qui s'annoncent.

Forêts urbaines à Paris : quel bilan pour ces nouveaux espaces verts ?
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Laurene

Journaliste pour Grand Paris Metropole.