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Casque obligatoire Grand Paris : nouvelle loi trottinette
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Casque obligatoire Grand Paris : nouvelle loi trottinette

Par Harry · · 7 min de lecture

136 accidents corporels impliquant des trottinettes électriques recensés depuis le début de l'année 2026 à Paris. C'est le chiffre qu'a avancé Hélène Denéchère, porte-parole de la préfecture de police de Paris, pour justifier le déclenchement d'opérations de contrôle sur les grands axes de la capitale. Ce n'est pas une campagne de communication : des policiers patrouillent rue La Fayette et aux abords de la gare du Nord pour interpeller des utilisateurs de trottinettes circulant sans casque ni gilet, cheveux au vent et parfois sans la moindre idée des règles en vigueur.

Ce que dit la nouvelle réglementation sur le port du casque à trottinette

L'arrêté préfectoral est clair. Tout utilisateur d'engin de déplacement personnel motorisé (EDPM) dans le Grand Paris doit désormais porter un casque et un gilet de haute visibilité, aussi appelé chasuble ou gilet rétro-réfléchissant. La scène rapportée par l'AFP est parlante : un homme interpellé par des agents de la police nationale demande, visière relevée, « C'est quoi une chasuble ? ». Il repart sans amende, mais la phase préventive touche à sa fin.

Car les montants prévus sont loin d'être symboliques. Un défaut de gilet de haute visibilité expose à une amende forfaitaire de 35 euros, tandis que l'absence de casque coûte 135 euros. « Aujourd'hui, on fait de la prévention. À partir de demain, ce sera des verbalisations », a prévenu un policier face à un usager sans protection. Le message est adressé directement aux habitués des pistes cyclables qui roulent sans équipement, et ils sont nombreux sur les grands axes parisiens.

Pour comprendre l'ampleur du problème, voici les sanctions prévues selon l'équipement manquant :

  • Absence de casque homologué : amende de 135 euros
  • Absence de gilet de haute visibilité : amende de 35 euros
  • Cumul des deux infractions : 170 euros au total

La mairie de Paris, consultée dans la foulée, s'est dite « favorable » à ces mesures tout en indiquant n'avoir pas été « avisée de leur mise en œuvre effective si rapidement ». Elle plaide pour des contrôles d'abord préventifs avant toute verbalisation systématique. Une nuance qui en dit long sur les tensions entre collectivités locales et autorités préfectorales quand les décisions tombent vite, dans l'été.

Des chiffres d'accidents qui imposent l'action

Les données de la Sécurité routière éclairent brutalement le débat. En 2025, 79 utilisateurs d'EDPM ont perdu la vie, soit une hausse de 76 % par rapport à l'année précédente. Sur la même période, 235 cyclistes sont décédés, en augmentation de 5 %. L'écart est saisissant : la trottinette électrique tue proportionnellement bien plus vite, et la courbe monte.

Hélène Denéchère l'a formulé sans détour : les engins de déplacement personnel constituent « la seule catégorie des usagers de la route qui augmente en matière d'accidents corporels à Paris ». Ce n'est pas une orientation marginale. C'est une réalité que les familles qui vivent dans les communes du Grand Paris croisent chaque semaine, au détour d'un carrefour ou d'une piste cyclable partagée.

Catégorie Décès en 2025 Évolution
Utilisateurs d'EDPM 79 +76 %
Cyclistes 235 +5 %

Nadji Nouar, gérant d'un magasin de trottinettes dans le 10e arrondissement de Paris, témoigne sans détour : « Tomber à vélo et en trottinette, ça n'a rien à voir. C'est beaucoup moins stable. Je suis déjà tombé sans casque et je peux vous dire que je ne me rappelle de rien. » Lui ne craint pas pour son activité malgré les nouvelles règles. Les utilisateurs, eux, semblent globalement comprendre la démarche, même si certains arrivent encore sans équipement, comme Pierre, retraité de 79 ans, qui reconnaît candidement avoir « oublié » son casque.

La Prévention routière, par la voix de sa déléguée générale Sophy Sainten, voit dans ces verbalisations un levier pour « ancrer le réflexe de protection », à l'image de ce que la ceinture de sécurité a produit en voiture. L'analogie est juste. Il a fallu des décennies pour que la ceinture devienne un automatisme. Le casque à trottinette devra suivre le même chemin, sans doute plus vite si les amendes tombent réellement. Ce débat sur la mobilité urbaine et ses règles rejoint d'ailleurs des questionnements plus larges sur les choix de déplacements, comme en témoigne cet article sur une nouvelle invention diesel qui défie l'essor de la voiture électrique.

Deux femmes discutent dans une rue piétonne animée.

Vers une harmonisation nationale et un débat qui dépasse Paris

L'arrêté préfectoral parisien ne surgit pas dans un vide réglementaire. Plusieurs départements ont déjà rendu obligatoires le casque et le gilet rétro-réfléchissant pour les utilisateurs d'EDPM : la Seine-et-Marne, les Alpes-Maritimes, le Vaucluse, l'Yonne. Des communes franciliennes comme Ormesson-sur-Marne ont également adopté ces règles. La carte se dessine, mais reste fragmentée.

La ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne a annoncé avoir missionné la Sécurité routière pour plancher sur une harmonisation nationale du port du casque obligatoire pour les EDPM. Elle a précisé : « Ma priorité, c'est vraiment d'agir sur la question des trottinettes. » Le gouvernement ne se prononce pas encore sur les cyclistes, estimant que « tomber à vélo et en trottinette, ça n'a rien à voir ».

C'est justement là que le bât blesse pour l'Association nationale des utilisateurs de micro mobilité électrique. Ses membres dénoncent une incompréhension face à la distinction opérée entre trottinettes et vélos électriques, jugeant incohérent d'imposer une obligation aux uns sans l'étendre aux autres. La question mérite d'être posée, surtout quand on réfléchit à la cohérence des politiques de mobilité à l'échelle du Grand Paris, une métropole où les usages du quotidien, qu'il s'agisse de prendre le RER, de pédaler ou de se rendre aux marchés du Grand Paris, dessinent les véritables priorités des habitants.

La prochaine étape sera décisive : si l'harmonisation nationale se concrétise, elle donnera une base légale claire, identique d'une commune à l'autre. En attendant, casque et gilet jaune restent la réponse la plus simple et la moins chère face à un risque bien documenté.

Harry

Harry

Harry est rédacteur en chef du média Grand Paris Metropole, où il supervise la ligne éditoriale et coordonne les équipes rédactionnelles. Journaliste expérimenté, il couvre les enjeux urbains, politiques et sociétaux du Grand Paris avec rigueur et curiosité.

Quarantenaire et papa de deux ados, il apporte un regard humain et ancré sur les sujets de famille, mobilité et vie locale, tout en veillant à l'impact concret des publications. Il vise à informer et à engager les lecteurs autour des transformations métropolitaines.