L’été 2025 marque un tournant historique pour les Parisiens et visiteurs de la capitale : la Seine s’ouvre officiellement à la baignade après un siècle d’interdiction. Cette renaissance aquatique permet enfin de profiter du fleuve qui traverse le cœur de Paris, offrant de nouveaux espaces de fraîcheur pendant les chaleurs estivales.
La Seine redevient un espace de baignade après 100 ans d’interdiction
Interdite depuis 1923 pour des raisons sanitaires, la baignade dans la Seine fait son grand retour à l’été 2025. Ce projet ambitieux s’inscrit dans la continuité des efforts européens pour restaurer la baignade urbaine dans les grandes métropoles. La capitale française rejoint ainsi des villes comme Copenhague, Berlin ou Zurich qui ont réussi à transformer leurs cours d’eau en espaces de loisirs.
Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont joué un rôle déterminant dans cette transformation. En accueillant les épreuves de triathlon et de nage en eau libre au pied du pont Alexandre III, ils ont servi de catalyseur à un vaste plan d’amélioration de la qualité des eaux. Les athlètes olympiques ont ainsi ouvert la voie aux baigneurs parisiens.
Ce retour aux sources n’est pas anodin : en 1900, lors des premiers Jeux olympiques parisiens, les épreuves de natation se déroulaient déjà dans la Seine, entre le pont d’Asnières et Courbevoie. Un siècle plus tard, le fleuve parisien renoue avec sa tradition de lieu de vie et de rafraîchissement.
Trois sites aménagés pour se baigner en toute sécurité
Pour cette première saison de baignade officielle, trois sites ont été spécialement aménagés et sécurisés :
- La baignade de l’Hôtel de Ville (Bras Marie, Parc des Rives de Seine, rive droite)
- Le Bras de Grenelle, entre le port de Grenelle et l’île aux Cygnes (15e)
- Bercy, au niveau de la Passerelle Simone de Beauvoir (12e)
Chaque espace de baignade est délimité par des bouées et accessible via un ponton. Des installations pratiques ont été aménagées sur les quais : douches, vestiaires et zones de rangement pour vos affaires personnelles. Les zones sont surveillées par des maîtres-nageurs formés aux spécificités de la baignade en milieu naturel.
Selon les analyses réalisées en 2023, la baignade dans la Seine était déjà possible en moyenne 7 jours sur 10 pendant la période estivale, avec des variations selon les sites : 84% au bras Marie, 71% au pont Alexandre III et 58% au pont du Garigliano. Ces chiffres respectent les seuils de qualité définis par la directive européenne sur les eaux de baignade.
| Site de baignade | Localisation | Équipements |
|---|---|---|
| Hôtel de Ville | Bras Marie, rive droite | Douches, vestiaires, zone surveillée |
| Grenelle | Entre port de Grenelle et île aux Cygnes | Douches, vestiaires, zone surveillée |
| Bercy | Passerelle Simone de Beauvoir | Douches, vestiaires, zone surveillée |
Un investissement massif pour une eau de qualité
Le retour de la baignade dans la Seine est le fruit d’un investissement de plus de 1,4 milliard d’euros mené conjointement par la Ville de Paris, l’État et les collectivités franciliennes depuis 2015. Ce plan baignade a permis d’améliorer considérablement la qualité de l’eau du fleuve.
Plusieurs infrastructures majeures ont été mises en service pour atteindre cet objectif :
- Deux unités de désinfection dans les stations d’épuration du SIAAP (Service public de l’assainissement francilien), opérationnelles depuis l’été 2023
- Le bassin d’Austerlitz, capable de stocker l’équivalent de 20 piscines olympiques d’eaux pluviales
- Des ouvrages sur le bassin versant du ru Saint-Baudile en Seine-Saint-Denis
- Le collecteur VL 8, long de 10 kilomètres entre l’Essonne et le Val-de-Marne
- Une station de dépollution des eaux pluviales dans le Val-de-Marne
Cette transformation écologique a également bénéficié à la biodiversité du fleuve. Aujourd’hui, 34 espèces de poissons peuplent la Seine parisienne, contre seulement deux dans les années 1980. Truites, anguilles, lamproies et aloses témoignent de cette renaissance écologique.
Les mesures qui ont rendu possible le retour à la baignade
La reconquête de la Seine comme espace de baignade repose sur plusieurs actions complémentaires. La qualité de l’eau est constamment évaluée en mesurant deux bactéries indicatrices : Escherichia coli et les entérocoques.
Le raccordement des bateaux aux réseaux d’assainissement constitue un volet essentiel de ce plan. La loi relative à l’organisation des Jeux de 2024, entrée en vigueur le 26 mars 2018, a obligé tous les bateaux stationnaires à se raccorder au réseau d’eaux usées, mettant fin aux rejets directs dans le fleuve. Des subventions jusqu’à 6 000 euros ont été proposées aux propriétaires pour faciliter cette transition.
La correction des mauvais branchements d’habitations a également joué un rôle crucial. Environ 23 000 branchements prioritaires en amont de Paris ont été traités pour éviter que les eaux usées ne rejoignent directement la Seine et la Marne.
Les efforts de surveillance et de contrôle ont été renforcés suite aux incidents rencontrés lors des tests pré-olympiques. Une convention citoyenne initiée par Paris a même proposé d’accorder des droits juridiques à la Seine pour mieux protéger ce patrimoine naturel.
Avec ce retour de la baignade, c’est une nouvelle relation qui s’établit entre les Parisiens et leur fleuve, transformant la Seine en véritable lieu de vie et de loisirs au cœur de la capitale.


