Paris 5e ville la plus sale au monde : « un sentiment de crasse générale »

Paris 5e ville la plus sale au monde : « un sentiment de crasse générale »

Les voyageurs du monde entier portent désormais un regard sévère sur la capitale française. Selon une étude récente de l’entreprise américaine Radical Storage, publiée le 27 novembre, Paris occupe la cinquième place des destinations touristiques les plus insalubres au niveau mondial. Cette classification peu flatteuse positionne la Ville Lumière derrière Budapest, Rome, Las Vegas et Florence, suscitant débats et controverses dans les rangs politiques parisiens.

La méthodologie employée repose sur l’analyse minutieuse des commentaires Google laissés sur les dix attractions majeures de cent métropoles internationales. L’entreprise a comptabilisé les occurrences des termes liés à la saleté ou à la propreté, classant ainsi les avis en catégories négatives ou positives.

Un malaise perçu par les visiteurs et les habitants

Aurélien Véron, porte-parole du groupe Changer Paris, n’exprime aucune surprise face à ces conclusions. « Il y a un sentiment de crasse générale », affirme-t-il, évoquant les retours qu’il recueille auprès des touristes comme des résidents de la capitale. L’élu d’opposition, qui soutient la campagne de Rachida Dati pour les élections municipales de 2026, voit dans cette situation un risque majeur.

Les conséquences pourraient s’avérer dramatiques pour l’économie locale. Lorsque la saleté se conjugue avec un sentiment d’insécurité croissant, le tourisme haut de gamme risque de délaisser progressivement la métropole francilienne. Cette problématique soulève également la question des conditions de travail des agents municipaux chargés de l’entretien urbain.

Ville Classement Continent
Budapest 1 Europe
Rome 2 Europe
Las Vegas 3 Amérique du Nord
Florence 4 Europe
Paris 5 Europe

Selon Véron, les équipes municipales de nettoyage souffrent d’un manque criant de soutien, de matériel adéquat et d’organisation optimale des circuits de collecte.

La défense de la municipalité face aux critiques

Antoine Guillou, adjoint à la maire en charge de la propreté, conteste vigoureusement la pertinence de cette étude. Il met en avant les dispositifs existants dans la capitale, notamment un service d’encombrants gratuit fonctionnant sept jours sur sept et des brigades d’intervention rapide déployées dans chaque arrondissement.

L’élu souligne également que durant les Jeux olympiques de Paris, la perception de la propreté s’est révélée extrêmement favorable, alors que les dispositifs opérationnels demeuraient identiques au reste de l’année. Cette observation questionne la fiabilité des jugements portés sur la capitale. En parallèle, la municipalité poursuit ses efforts dans le cadre plus large de transformation urbaine, comme illustré par le quatrième plan climat visant la végétalisation et la rénovation des espaces publics.

Guillou pointe du doigt les failles méthodologiques de l’étude Radical Storage. La recherche se concentre exclusivement sur les commentaires concernant les sites touristiques majeurs, dont la gestion relève de multiples autorités :

  • La tour Eiffel : sous responsabilité municipale
  • Le musée du Louvre : géré par l’État
  • Les parcs et jardins : compétences partagées

Pour l’adjoint, la propreté urbaine constitue une thématique difficile à quantifier objectivement, laissant place à des instrumentalisations politiques.

Paris 5e ville la plus sale au monde : « un sentiment de crasse générale »

Les propositions pour transformer la capitale

À l’approche du scrutin municipal, Rachida Dati multiplie les apparitions médiatiques sur cette question. Fin novembre, la candidate Les Républicains s’affichait aux côtés d’éboueurs en activité, promettant une capitale propre si elle accédait à la fonction de maire.

Son programme repose sur plusieurs axes stratégiques : déploiement d’une approche territoriale adaptée à chaque quartier, intégration de technologies d’intelligence artificielle pour optimiser les parcours de collecte, et modernisation complète du parc de véhicules municipaux. Ces ambitions reflètent l’importance politique que revêt désormais la question de la salubrité dans les préoccupations des électeurs parisiens.

Laurene