Le 15 mars 2026, les Français se sont rendus aux urnes pour le premier tour des élections municipales. Dans les grandes métropoles, les résultats dessinent des équilibres politiques inédits, avec une montée en puissance notable de La France insoumise. Le parti de Jean-Luc Mélenchon s’impose comme la troisième force politique dans la plupart des grandes villes, ce qui lui confère un rôle d’arbitre crucial pour le second tour du 22 mars.
Paris, Lyon, Marseille : des duels sous haute tension
Dans la capitale, Emmanuel Grégoire (PS) prend une longueur d’avance avec 37,4 % des suffrages, selon les estimations Ipsos BVA CESI. Rachida Dati (LR) se positionne en deuxième place avec 25,5 %, mais c’est Sophia Chikirou (LFI) qui crée la véritable surprise en récoltant 12 % des voix. L’insoumise conditionne son retrait à une fusion des listes, menaçant de maintenir le « Nouveau Paris populaire » si Grégoire refuse toute convergence. Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) se qualifie également avec 11,7 %, tandis que Sarah Knafo (Reconquête) frôle dangereusement la barre des 10 %, plafonnant à 9,9 %.
La question de la lutte contre la solitude urbaine portée par Emmanuel Grégoire est justement l’un des axes forts de sa campagne parisienne. À quelques jours du second tour, les négociations entre gauches seront déterminantes pour l’avenir de Paris.
À Lyon, le match tourne au duel parfait : Grégory Doucet (Les Écologistes) et Jean-Michel Aulas terminent à égalité, tous deux crédités de 36,8 % selon Ifop BVA. Une « remontada » remarquable pour le maire sortant, donné perdant dans les sondages. Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI), troisième avec 10,5 %, se dit prête à une fusion technique avec la liste Doucet pour maintenir Lyon à gauche.
À Marseille, le suspense est total entre Benoît Payan (35,6 %) et Franck Allisio, tête de liste RN (35,1 %). Ce dernier s’est montré très confiant : « Dimanche prochain, je serai votre maire ». Une quadrangulaire se profile, avec Martine Vassal et Sébastien Delogu (LFI) qualifiés à égalité à 12,3 %.
| Ville | Candidat en tête | Score estimé |
|---|---|---|
| Paris | Emmanuel Grégoire (PS) | 37,4 % |
| Lyon | Doucet / Aulas (ex aequo) | 36,8 % |
| Marseille | Benoît Payan (PS) | 35,6 % |
| Nice | Éric Ciotti (UDR-RN) | 43,5 % |
| Toulouse | Jean-Luc Moudenc (LR) | 36,9 % |
Lille, Nice, Strasbourg, Toulouse, Bordeaux : ce que révèlent ces scrutins régionaux
À Lille, trois nuances de gauche se disputent le beffroy. Arnaud Deslandes (PS) mène de peu avec 26,4 % devant l’insoumise Lahouaria Addouche (24,1 %). L’écologiste Stéphane Baly, qui avait manqué la mairie en 2020 par seulement 227 voix, se retrouve en position de faiseur de roi à 16,5 %.
À Nice, la déroute de Christian Estrosi (Horizons, 30,7 %) face à Éric Ciotti (UDR-RN, 43,5 %) est l’un des séismes politiques de ce premier tour. À Strasbourg, Catherine Trautmann (PS) domine avec 26 % devant Jean-Philippe Vetter (LR), reléguant la maire sortante Jeanne Barseghian à la troisième place avec 19,7 %.
Voici les configurations du second tour à surveiller :
- Toulouse : triangulaire probable entre Moudenc, Piquemal (LFI, 28,3 %) et Briançon (PS, 24,1 %)
- Bordeaux : Hurmic (27,7 %) talonné par Cazenave (25 %) et Dessertine (19,9 %)
- Strasbourg et Marseille : deux quadrangulaires aux issues très ouvertes
Ces élections municipales 2026 confirment un rééquilibrage profond du paysage politique français. Entre la poussée de LFI dans presque chaque grande ville et la recomposition des blocs, le second tour du 22 mars s’annonce décisif à tous les niveaux.


