Grèves historiques en France

Depuis le 5 décembre 2019, les Français sont dans les rues. A l’initiative des syndicats, ils manifestent contre le projet de réformes des retraites initiée par le président Emmanuel Macron. Transports paralysés, coupures d’électricité, incinérateurs de déchets à l’arrêt … Retour sur cette grève historique.

La réforme du système des retraites : le cœur de la controverse

Ancien banquier d’affaire, le président Emmanuel Macron avait promis de réformer en profondeur l’Hexagone pendant sa campagne électorale.

Au début de sa présidence, Macron avait réussi à faciliter l’embauche et le licenciement des salariés des petites entreprises françaises. Il a ensuite jeté son dévolu sur ce qui est connu en France comme la «mère de toutes les réformes». Il a voulu fondre un système vertigineux de 42 régimes de retraite distincts en un unique système basé sur des points.

Une grève historique

La protestation contre la réforme phare d’Emmanuel Macron a duré plus longtemps que toute autre grève depuis les arrêts de travail de mai 1968. La grève des cheminots, qui a commencé le 5 décembre, est aujourd’hui la plus longue grève continue des trains en France depuis la création du service national dans les années 1930.

Ce sont au bas mot 30 syndicats qui on lancé un appel à la grève le 5 décembre 2019. Ces actions ont entraîné la fermeture de la Tour Eiffel ainsi que de la plupart des lignes de métro de Paris. Le gouvernement affirme que la réforme est nécessaire pour créer un système plus juste et plus durable, mais les syndicats estiment que les travailleurs seront perdants.

grèves en France
L’annonce de la réforme des retraite a immédiatement suscité une levée de bouclier chez l’ensemble des syndicats.

Des actions coup de poing

La CGT, l’un des principaux syndicats français, a annoncé mercredi 22 janvier des interruptions de l’alimentation électrique des usines et des centrales électriques elles-mêmes.

L’interruption de l’approvisionnement énergétique a bloqué la production dans des entreprises comme Interspray, une société de fabrication de cosmétiques basée à Neuvic dans le sud-ouest de la France. L’entreprise a déposé une plainte. Une enquête est ouverte et deux syndicalistes soupçonnés de sabotage sont arrêtés.

Interrogé sur la coupure d’électricité, le chef de la CGT, Philippe Martinez déclare : « Je soutiens pleinement ces formes de mobilisation ».

Une escalade de la violence

Les ministres et les députés de la majorité présidentielle sont hués pendant les vœux traditionnels du Nouvel An. Parfois ils sont exfiltrés par la police. Observant la grève, les avocats de Rennes ont, par exemple, empêché l’ouverture solennelle du tribunal.

Le fait que les responsables du gouvernement ne puissent plus se déplacer librement montre que personne ne croit ces politiciens. Il y a de la rage, il y a de la haine, je n’ai jamais rien vu de tel.

Un professeur de l’Université de Montpellier (sous couvert de l’anonymat) au journal Le Monde

Bruno Lemaire, le ministre de l’économie et les finances et Gerald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, affirment recevoir des lettres de menaces de morts. Les participants à ces manifestations répétées ( « gilets jaunes », travailleurs en grève, … ) s’attaquent parfois aux policiers chargés du maintien de l’ordre. D’un autre côté, des incidents de brutalité policière sont de plus en plus signalés.