Les prêts garantis : planche de salut à double tranchant

Bercy a très vite compris la nécessité de protéger au maximum ses entreprises. Pour ce faire, les prêts garantis par l’Etat (PGE) ont été mis en place.

Le système permet aux entreprises de bénéficier d’un prêt garanti par l’Etat. L’exemple le plus fameux est celui de Renault  et de son plan de 5 milliards d’euros.

Les prêts garantis en chiffres

On peut parler de franc succès. En moins de 4 mois, les PGE représentent environ 100 milliards d’euros. Ils bénéficient à quelques 500.000 entreprises. Cela signifie que de grosses structures en ont bénéficié, mais également d’innombrables TPE et PME. Le montant prévu pour le PGE est théoriquement de 300 milliards. Cela peut paraître beaucoup, mais il pourrait être atteint dès la fin de l’année si la situation ne s’améliorait pas.

Les Etats accordent des aides financières aux entreprises, sous le regard bienveillant de la BCE, cependant le risque de défaut est bien présent

Pour pouvoir répondre à ce besoin, les 17.000 agences du réseau bancaire français ont dû mettre les bouchées doubles.

La France devance ses voisins en matière d’aides, et de loin. L’Espagne, fort sinistrée n’a octroyé que 63,1 milliards d’euros, tandis que les mécanismes d’aides italiens ne s’élèvent qu’à 22,4 milliards.

Le risque

Malgré son attrait, le mécanisme reste flou. Un an après signature, les entreprises peuvent rembourser la somme ou l’étaler sur 5 années supplémentaires. Mais le taux reste inconnue et pèse comme une menace sur les sociétés qui veulent contenir leur dette.

Le vrai risque est le défaut de paiement. Car la dette existe bel et bien ; et si les entreprises ne peuvent pas rembourser, ce sera à l’Etat, le garant, de le faire. Or, trouver 300 milliards relève de la gageure en ces temps incertains. Même s’il ne doit trouver que 70 à 90 % dudit montant, le reste étant assumé par le créancier.