La BCE a absorbé la dette liée au Covid-19

Dès mars 2020, le gouvernement a planifié de nombreuses interventions pour minorer l’impact de la crise sanitaire sur les ménages et les entreprises. Pour ce faire, l’Etat n’a pas hésité à créer de la dette pour subvenir aux besoins de liquidités.

Un montant de dette qui s’est très rapidement envolé avec les différentes dépenses nouvelles. Il y a eu le chômage temporaire, les aides aux entreprises, les prêts garantis pour n’en citer que quelques-uns. Et la France est très loin d’être un exemple unique.

C’est aussi pour cette raison qu’il s’est vite créé un consensus au niveau européen, notamment tiré par notre président Macron et la chancelière Merkel. L’Union européenne devait racheter de la dette aux Etats membres via la BCE et proposer des prêts pour soulager les finances nationales. Si le principe a très vite été accepté, le montant exact a tout de même demandé quelques négociations.

Les Etats membres ont émis de la dette, rachetée ensuite en grande partie par la BCE

Néanmoins, après quelques mois, on peut dresser un premier bilan de la situation. Et il est clair : la BCE a racheté une très grande partie des dettes nouvellement créées. Selon la BCE, il correspond à 95 % des dettes, voire plus pour la France et d’autres pays.

Il est possible de comparer à 2019. Les principaux Etats membres ont générés 610 milliards d’euros de dette supplémentaire. Dans le seul but de compenser les retombées de la crise sanitaire.

Ce montant n’englobe que la dette émise par les 10 plus gros Etats de la zone (France, Allemagne, Italie, Espagne, etc.). Ce décompte de la Deutsche Bank ne tient donc pas compte d’une bonne partie des obligations émises par les Etats européens.

Le montant couvre aussi bien de la dette à court terme qu’à moyen long terme. Seule est exclue la dette à très long terme qui a, par définition, un autre objectif. Enfin, certains Etats membres n’ont pas eu peur de s’endetter. C’est le cas des Pays-Bas dont les émissions de dette en 2020 représentent 224 % par rapport à 2019. Idem pour l’Allemagne qui est à 213 %. La France s’est montrée plus prudente, n’émettant que 129 % par rapport à l’an passé.