Économie technologique : Huawei à l’assaut de l’Europe avec sa 5G

La France et le Royaume- Uni constituent des objectifs stratégiques pour Huawei en Europe. La firme entend y installer des usines de production d’équipements 5G. En attendant le feu vert français, l’équipementier chinois Huawei a de quoi se réjouir. Le gouvernement britannique vient d’autoriser sa participation dans la construction du réseau 5G en Grande-Bretagne.

Quoique cette participation soit limitée, les dirigeants de la firme chinoise y voient tout de même une avancée positive. Rappelons que cette décision va à l’encontre des recommandations des États-Unis qui ont fait pression pour que leurs alliés bannissent Huawei de la construction de leurs réseaux 5G.

Une décision longuement mûrie

Le gouvernement de Boris Johnson a annoncé la nouvelle après une réunion décisive du Conseil national de sécurité : Huawei fera bel et bien partie des équipementiers télécoms qui auront la charge de construire le réseau 5G en Grande-Bretagne. La société chinoise, classée comme « fournisseur à haut risque », aura l’occasion de participer à la construction d’éléments « non centraux » du réseau 5G au Royaume-Uni, a annoncé le gouvernement britannique, qui a donc résisté aux fortes pressions américaines pour exclure Huawei accusé par Washington d’espionnage au nom de Pékin.

Des limitations ont été toutefois imposées par Londres. En plus de l’interdiction de toute implication dans les composants serveur, la firme chinoise ne pourra pas fournir plus de 35% de l’approvisionnement total du projet 5G. Il lui est également interdit d’équiper les bases militaires et les centrales nucléaires britanniques.

Cette décision intervient un an après que Huawei ait déposé une demande auprès du gouvernement britannique. Le gouvernement britannique a pris le temps pour peser les risques mis en avant par les autorités américaines et les avantages que pourrait procurer la participation de Huawei à la construction du réseau 5G britannique

La première réaction de Huawei est très positive. « Nous convenons qu’un marché de fournisseurs diversifié et une concurrence loyale sont essentiels pour la fiabilité et l’innovation du réseau, ainsi que pour garantir aux consommateurs l’accès à la meilleure technologie possible », a déclaré Victor Zhang, vice-président de Huawei.

Des gages donnés par Huawei

Pour ne pas être banni de la construction du réseau britannique, Huawei a dû faire preuve d’une grande transparence. L’entreprise a également donné des garanties au gouvernement britannique en s’engageant à signer des contrats de non espionnage avec les compagnies de télécommunication qui vont acheter ses équipements. Mais ce n’est pas tout.

Le 15 janvier 2020, Huawei a annoncé qu’il s’apprêtait à investir 20 millions de livres sterling afin d’aider les développeurs britanniques et irlandais à produire des applications pour sa plateforme Huawei Mobile Services.

Huawei en Europe
En France, le géant chinois a également promis d’investir 35 millions d’euros dans OpenLab, un centre d’innovation technologique situé à Paris.

Huawei : leader incontesté de la 5G

La 5G permet un traitement et une transmission 10 fois plus rapide des données. Elle est considérée comme cruciale pour des technologies nouvelles telles que les véhicules automatisés et les appareils intelligents. Huawei est un leader de la technologie 5G. Ses produits sont décrits par les experts comme étant plus avancés et moins chers que ceux vendus par les rivaux européens Nokia et Ericsson.

La décision de Londres risque de conforter de nombreux pays européens à emprunter la même voie. Des pays comme l’Allemagne pourraient également décider que les risques sécuritaires posés par Huawei sont moindres par rapports aux avantages qu’il offre pour déployer un réseau 5G très rapidement et à bas coût.