Tour piéton Grand Paris Express : 21-30 août
180 kilomètres à pied, 10 journées de marche, et un métro qui n'existe pas encore comme fil conducteur. Du 21 au 30 août 2026, la septième édition du Tour piéton du Large Paris Express s'apprête à transformer les futurs tracés des lignes de métro en sentiers de randonnée urbaine. Une proposition qui peut sembler étrange au premier abord, mais qui révèle, à chaque pas, ce que le Grand Paris Express va vraiment changer pour des millions d'habitants.
L'événement est organisé par Enlarge Your Paris en partenariat avec la Société des Grands Projets. Gratuit, ouvert à toutes et tous sur inscription, il attire chaque année un public mêlant curieux, urbains passionnés d'architecture et familles en quête de balades insolites. Pas besoin d'être expert en transport pour apprécier : l'idée est précisément de rendre visible ce qui, pour l'instant, reste invisible.
Lignes 15 Sud et 18 : le territoire avant la révolution ferroviaire
Cette édition 2026 place les lignes 15 Sud et 18 au centre de l'itinéraire. Ce choix n'est pas anodin : ces deux lignes se rapprochent de leur ouverture, et parcourir leur tracé à pied permet de mesurer concrètement les connexions qu'elles vont créer là où il n'en a jamais existé. Zones pavillonnaires enclavées, campus scientifiques, friches en reconversion, terres agricoles protégées... le Grand Paris Express ne traverse pas que des quartiers urbains denses. Il relie des territoires aux visages très différents.
Pour les familles qui habitent ces secteurs, l'enjeu est direct : une nouvelle gare à 20 minutes à pied, c'est un lycée accessible, un emploi envisageable sans voiture, un quotidien qui change de texture. Voir le tracé avant les trains, c'est aussi comprendre pourquoi certaines décisions d'aménagement ont été prises ici plutôt qu'ailleurs.
Voici quelques types de territoires traversés lors de cette édition :
- Friches artistiques en cours de reconversion
- Vallées naturelles préservées en bordure d'agglomération
- Plateaux agricoles classés, comme celui de Saclay
- Zones pavillonnaires périurbaines historiquement enclavées
- Campus scientifiques et clusters d'innovation
Chaque parcours devient également une galerie d'art en plein air. Les organisateurs ont intégré des rencontres avec des artistes, des découvertes de design de stations et des surprises architecturales tout au long des itinéraires. L'art urbain côtoie le génie civil, et c'est rarement ennuyeux.
Un exemple concret : la vallée de la Mérantaise et le plateau de Saclay
Parmi les dix journées proposées, le samedi 22 août illustre bien l'esprit du tour. Le départ se fait devant la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines (desservie par le RER C, les lignes N et U), pour un trajet de 20 kilomètres jusqu'à l'Université Paris-Saclay.
Le parcours descend d'abord dans la vallée de la Mérantaise, une miniature de la vallée de Chevreuse que peu de Franciliens connaissent, nichée aux portes de l'agglomération. Puis la marche remonte sur le plateau de Saclay, entre parcelles agricoles protégées et bâtiments de recherche de rang mondial. C'est l'un des contrastes les plus saisissants de toute l'Île-de-France : des champs de céréales à 25 kilomètres de Notre-Dame, avec des laboratoires du CNRS en fond de tableau.
| Étape | Distance | Ligne GPE concernée | Point de départ |
|---|---|---|---|
| Vallée de la Mérantaise / Saclay | 20 km | Ligne 18 | Gare Saint-Quentin-en-Yvelines |
| 9 autres journées (21-30 août) | ~160 km restants | Lignes 15 Sud et 18 | Divers points de départ |
À l'arrivée sur le plateau, les participants découvrent la future gare Université Paris-Saclay, conçue par l'Atelier Novembre et le cabinet néerlandais Benthem Crouwel. La journée se fait en compagnie de l'artiste camerounais Pascale Marthine Tayou, dont l'œuvre interroge les identités et les circulations. Un tandem architecture-art contemporain qui donne une tout autre dimension à une élémentaire randonnée.
Pour celles et ceux qui souhaitent analyser le Grand Paris Métropole sous un angle différent, ce type de balade thématique ouvre des perspectives que ni Google Maps ni un rapport d'urbanisme ne peuvent vraiment restituer.

Pourquoi marcher le long d'un métro qui n'existe pas encore
La question mérite d'être posée franchement : à quoi sert de randonner sur le tracé d'une infrastructure souterraine ? La réponse tient en quelques mots : rendre palpable ce qui reste abstrait. Le Grand Paris Express représente remarquablement le plus grand chantier d'Europe en matière de transport urbain, avec 200 kilomètres de lignes nouvelles et 68 gares prévues à terme. Pour la plupart des habitants concernés, ce projet existe sous forme de panneaux de chantier et de bruits de tunnelier.
Parcourir ces territoires à pied, c'est cartographier autrement. C'est aussi comprendre pourquoi certains quartiers attendent cette infrastructure depuis des décennies et ce que son arrivée va modifier, non seulement en temps de trajet, mais dans la façon d'habiter un territoire. Les adolescents qui grandissent aujourd'hui en grande couronne seront les premiers utilisateurs adultes de ces lignes : leur vision du territoire est en train de se former, et elle sera très différente de celle de leurs parents.
Pour aller plus loin dans l'exploration du patrimoine de ces territoires traversés, certains participants complètent leur programme estival avec d'autres formes de découverte : une balade à vélo dédiée au matrimoine permet par exemple d'aborder l'histoire des femmes inscrite dans ces paysages urbains et périurbains.
Les inscriptions au Tour piéton du Grand Paris Express sont gratuites et ouvertes sur le site d'Enlarge Your Paris. Chaque journée est indépendante : impossible de tout faire, mais une seule étape suffit à changer de regard sur ce territoire en mutation.
Harry est rédacteur en chef du média Grand Paris Metropole, où il supervise la ligne éditoriale et coordonne les équipes rédactionnelles. Journaliste expérimenté, il couvre les enjeux urbains, politiques et sociétaux du Grand Paris avec rigueur et curiosité.
Quarantenaire et papa de deux ados, il apporte un regard humain et ancré sur les sujets de famille, mobilité et vie locale, tout en veillant à l'impact concret des publications. Il vise à informer et à engager les lecteurs autour des transformations métropolitaines.