L’Hôtel de Ville de Paris accueille jusqu’au 30 mai une exposition majeure consacrée à Sebastião Salgado dans sa salle Saint-Jean. Ce photographe brésilien, installé dans la capitale depuis 1969, a marqué l’histoire de la photographie contemporaine par son regard unique sur l’humanité. Cette rétrospective rassemble plus de 200 images en noir et blanc qui témoignent d’un demi-siècle de création artistique aux quatre coins du monde. Voici pourquoi cette manifestation culturelle mérite absolument votre visite.
Un parcours immersif au cœur de l’œuvre magistrale
Dès l’entrée, une photographie monumentale du lac de Piulaga capte immédiatement l’attention. Les silhouettes de pêcheurs se détachent sur les eaux paisibles du Mato Grosso brésilien, créant une atmosphère contemplative qui vous accompagne tout au long de la visite. La scénographie, imaginée par Lélia Wanick Salgado et son studio, transforme chaque cliché en expérience sensorielle.
Les cimaises en bois aux teintes rouille créent un contraste saisissant avec la profondeur des tirages monochrome. Corinne Delineau, responsable de production, souligne que chaque élément a été pensé minutieusement pour magnifier les œuvres présentées. Un système d’éclairage comprenant 200 sources lumineuses individuelles sublime chaque photographie selon ses caractéristiques propres.
| Aspect de l’exposition | Caractéristiques |
|---|---|
| Nombre de photographies | Plus de 200 tirages |
| Prêts exceptionnels | 114 œuvres de la MEP |
| Durée | Jusqu’au 30 mai |
| Points lumineux | 200 éclairages spécifiques |
Les séries emblématiques comme Gold, La Main de l’homme ou Genesis se déploient dans un parcours sinueux qui invite à la déambulation. Ces collections documentent les réalités sociales, les conflits et les bouleversements de notre époque avec une sensibilité rare.
Des trésors patrimoniaux et des créations inédites parisiennes
La Maison européenne de la photographie a consenti un prêt remarquable pour enrichir cette rétrospective. Ces 114 tirages constituent un témoignage visuel exceptionnel sur les injustices, les espoirs et les luttes qui traversent notre monde contemporain. Chaque image transcende le simple documentaire pour devenir une œuvre d’art à part entière.
La partie dédiée à Paris révèle un aspect méconnu du photographe. En 2024, accompagné de Jacques Barthélemy, Salgado a capturé sa ville d’adoption au fil des saisons. Cette série parisienne, interrompue tragiquement par son décès en mai 2025, offre un regard poétique sur des lieux familiers :
- Le canal Saint-Martin et ses reflets urbains
- La place Émile-Goudeau dans le 18e arrondissement
- Les perspectives depuis la butte Montmartre
- Les transformations saisonnières de la capitale
Ces tirages inédits, exposés au fond de la salle Saint-Jean, transforment les paysages quotidiens en scènes chargées d’émotion. Pour prolonger votre découverte culturelle, n’hésitez pas à consulter ces expos gratuites à voir en ce moment : sélection des meilleures expositions actuelles.
Une dimension profondément humaine et familiale
La mezzanine dévoile la facette engagée de Sebastião Salgado. L’Instituto Terra, fondé en 1998 avec Lélia dans l’État du Minas Gerais, illustre son combat écologique. Ce projet ambitieux a permis la plantation de 3,5 millions d’arbres en vingt-cinq ans, métamorphosant une zone désertifiée en forêt tropicale florissante.
L’exposition rend également hommage à Rodrigo Salgado, fils du photographe, né avec la trisomie 21. Son univers graphique coloré et instinctif dialogue avec l’esthétique monochrome paternelle, prouvant que la créativité traverse les générations. Cette section intime révèle l’homme derrière l’objectif, ses valeurs et son héritage familial.


