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Sud Hauts-de-Seine (T2) : territoire tiraillé

Article 16/22 du Dossier | Création de la Métropole du Grand Paris

PORTRAITS DES TERRITOIRES. Né d’une bataille de frontières, le territoire Sud Hauts-de-Seine devra concilier des visions divergentes pour conforter son identité et tirer parti d’une accessibilité renforcée.

Perspective T10 Le Plessis Robinson

Perspective pour le Tramway T10 au Plessis-Robinson. Le T10 reliera Antony à Clamart, en 2021.

Onze communes du département des Hauts-de-Seine constitueront le territoire Sud Hauts-de-Seine (T2) au 1er janvier 2016. Situées entre La Défense et le Plateau de Saclay, elles sont issues de trois intercommunalités existantes : la communauté Sud de Seine (Clamart, Fontenay-aux-Roses, Bagneux, Malakoff), la communauté Châtillon/Montrouge, et enfin, la communauté des Hauts-de-Bièvre (Antony, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry, Le Plessis-Robinson, Sceaux). Cette dernière comptait sept communes : Sud Hauts de Seine se fera, à priori, sans deux d’entre-elles. Wissous, opposée au Grand Paris a choisi le rattachement à une grande intercommunalité qui naîtra de la fusion des quatorze villes de la communauté d’agglomération Europ’Essonne et des onze villes de la communauté d’agglomération du Plateau de Saclay. Verrières-le-Buisson devrait également divorcer des Hauts-de-Bièvre. Au grand dam de son maire DVD, Thomas Joly, qui comptait bien intégrer la Métropole. Un imbroglio administratif est à l’origine de son éviction. Malgré un recours gracieux déposé auprès du Préfet de l’Essonne, la situation semble bloquée.

Sans Verrières-le-Buisson, et sans le Val-de-Bièvre

Thomas Joly n’est pas le seul mécontent de ce découpage. Les élues PCF Marie-Hélène Amiable, maire de Bagneux, et Catherine Margaté, maire de Malakoff, défendaient un scénario différent, celui d’un territoire de projets aux contours déjà dessinés, la Vallée Scientifique de la Bièvre et ses dix-huit communes des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne. Un Contrat de développement territorial (CDT) lie d’ailleurs Bagneux et les communes du Val-de-Bièvre : Campus Sciences et Santé. La possibilité n’a pas été retenue. En cause ? Dans ce territoire majoritairement à droite, Le Parisien évoque de possibles « dissensions (…) entre les élus des Hauts-de-Seine et ceux du Val-de-Marne. » Les deux élues PCF dénonçaient à l’époque le forcing des Hauts-de-Bièvre.

Sud Hauts-de-Seine s’apprête donc à entrer dans la Métropole avec une identité floue et un fonctionnement complexe. À Bagneux, notamment, la Vallée Scientifique de la Bièvre est l’un des acteurs penché au-dessus du réaménagement des 16 hectares du Site des Mathurins, que devrait rapidement quitter la Direction générale de l’armement. Un autre problème de cohérence est dénoncé par l’urbaniste Jacqueline Lorthiois qui décrit « un bassin de main d’œuvre sans pôle d’emploi ». « Notons l’absence de pôle économique notable dans ce territoire, avec seulement Antony qui est un pôle d’emploi secondaire (23 000 postes), tourné vers le Sud (Massy) et exerçant son attraction sur le Nord Essonne. Alors que cet espace est dans le périmètre d’attraction de deux gros pôles adjacents situés à l’extérieur de T2 : Vélizy (78) avec 41 000 emplois et surtout Issy-les-Moulineaux (T3) avec 53 000 postes. Le tout dans le périmètre d’influence de Paris-15ème, en tête de tous les arrondissements parisiens avec la concentration record de 160 000 emplois », écrit-elle sur son site Internet.

Avec Sonovision à Bagneux, Onera et Siemens à Châtillon, MBDA au Plessis-Robinson, le centre CEA de Fontenay-aux-Roses, ou encore le CEMAGREF à Antony, la recherche scientifique devrait tout de même faire partie des axes de développement d’un territoire à l’accessibilité boostée par le nouveau Schéma de Transport du Grand Paris.

Un maillage renforcé

À Antony, le site de La Croix-de-Berny, qui accueille au sein de ses 120 000 m2 de bureaux des entreprises du secteur tertiaire comme Sanofi-Aventis, Alyotech, Pomona ou Veolia Water, attend le tramway T10, qui le reliera à Clamart, en passant par Châtenay-Malabry et le Plessis-Robinson. Dans la même commune, les 60 hectares dédiés à l’innovation Biotech et hightech d’Antonypole ont pris une dimension métropolitaine avec la future gare éponyme sur la ligne Orly – Versailles du réseau Grand Paris Express, connectée au RER B.

Les entreprises ne seront pas les seules à bénéficier de ce maillage renforcé. Antony, avec Châtenay-Malabry, fait ainsi partie des quatre communes ayant séduit les acheteurs d’immobilier au 1er trimestre 2015 dans le 92. Preuve d’une attractivité ascendante. Trois des nouvelles gares de la ligne 15 sont encore situées sur le territoire Sud Hauts-de-Seine, qui sera aussi traversé par le Tramway T6. À Clamart (quartier de la gare), Malakoff (ZAC Brossolette), Châtillon (Eco-Campus, Cœur de ville) et Bagneux (ZAC Victor Hugo), les projets d’aménagements préfigurent ces mutations.

T2, Sud Hauts-de-Seine

Population : 411 107 habitants (INSEE 2012)
Superficie : 47,35 km2
Conseillers métropolitains : 11
Conseillers territoriaux : 80
Villes :
Antony
Bagneux
Bourg-la-Reine
Châtenay-Malabry
Châtillon
Clamart
Fontenay-aux-Roses
Malakoff
Montrouge
Le Plessis-Robinson
Sceaux

Territoires de la Métropole du Grand Paris

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