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Saint-Quentin se mue en cité laboratoire

Article 8/8 du Dossier | Grand Paris numérique

Il n’y a pas que le vélodrome à Saint-Quentin-en-Yvelines. Dotée de nombreux démonstrateurs labellisés par les pôles de compétitivité Systematic, Cap Digital, Mov’eo ou Advancity, l’agglomération pose les bases d’un « Urban Living Lab » à la française. Ou quand la ville nouvelle s’up-to-date. Revue de détails.

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Les territoires doivent innover et se questionner sur la façon d’organiser la ville intelligente. Saint-Quentin-en-Yvelines, territoire d’innovation et partie prenante du cluster Paris-Saclay, se donne les moyens d’exploiter son potentiel en mobilisant tous les acteurs : collectivités locales, entreprises, grandes écoles, universités. Associant génie numérique et information des citadins, autorégulation et économie d’énergie, la Communauté d’agglomération (Casqy) préfigure la ville de demain, celle où les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) seront au cœur de l’aménagement urbain. Habitat, mobilité, santé, sécurité, tels sont quelques-uns des grands champs d’application que les TIC vont bouleverser.

Eco2Charge, pour accélérer la mobilité électrique

Ce projet démonstrateur a été mis en place sur deux sites tertiaires majeurs : le Technocentre de Renault et Challenger, siège social de Bouygues Construction. Son objectif est d’accélérer le déploiement des infrastructures de recharge de véhicules électriques dans les bâtiments, les campus et les éco-quartiers. Coordonné par Bouygues Energies & Services, il rassemble des partenaires voués au développement de la mobilité électrique : Actility, Alstom, le CEA, EMBIX, Nexans, Renault et l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. D’ici à fin 2016, Eco2charge doit développer et commercialiser des solutions permettant aux usagers de recharger rapidement leurs véhicules électriques dans les gares, supermarchés et lieux de résidence. Réalisé avec le concours du Programme des Investissements d’Avenir (PIA), ce projet est doté d’un budget de 13,2 millions d’euros.

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Pour offrir aux futurs usagers la garantie de pouvoir recharger leurs véhicules, il doit répondre impérativement à deux problématiques majeures : minimiser le cout d’installation des bornes de recharge et limiter leur impact sur la consommation énergétique, sachant que la recharge complète et simultanée de 100 véhicules électriques nécessite de doubler la puissance totale d’un bâtiment tertiaire (670 kW au lieu de 300 kW pour un bâtiment de 600 à 1 000 occupants). Pour répondre à ces problématiques, Eco2charge veut transformer les sites en véritables écosystèmes énergétiques au sein desquels s’équilibrent production, stockage et consommation. Cette gestion intelligente de l’énergie permettra de lisser les consommations électriques en fonction de l’intérêt économique, des besoins de stabilité du réseau et des besoins des utilisateurs. Renault, visant le leadership mondial en termes de commercialisation de véhicules zéro émission, apporte son expertise dans les domaines du véhicule électrique et des batteries Li-ion équipant ses véhicules.

VeDeCoM, pour décarboner l’automobile

Fondé sur un partenariat entre industriels de la filière automobile, établissements de recherche académique, collectivités locales et opérateurs de la mobilité, l’Institut pour la Transition Energétique (ITE) est dédié au « Véhicule Décarboné Communicant et à sa Mobilité ». Situé sur le site de Satory, VeDeCoM a été labellisé par le pôle de compétitivité Mov’eo. Avec un budget de 67 millions d’euros sur la période 2014-2016, l’ITE VeDeCoM travaille autour de trois axes : l’électrification des véhicules, la délégation de conduite et la connectivité ainsi que les mobilités et énergies partagées. Antoine Mullender, directeur général de l’ITE, explique sa démarche :

« Notre objectif est de faire travailler ensemble et sur le long terme universitaires et industriels, évoluant aujourd’hui dans des univers éloignés, et d’expérimenter sur le territoire, en conditions réelles, des projets innovants en matière de véhicule décarboné et d’éco-mobilité ».

D’autres acteurs du territoire travaillent sur les nouvelles mobilités. Egis, dont le siège est à Guyancourt, s’est fait une spécialité de la gestion dynamique des places de stationnements alors que Colas, dont le centre R&D se trouve à SQY, travaille sur les chaussées intelligentes capables de produire de l’énergie et de communiquer avec les véhicules afin de leur indiquer du verglas, une place disponible ou une limitation de vitesse. Des expériences pourraient être menées sur le territoire de l’agglomération à partir de ces recherches.

Eclairâge, pour promouvoir l’e-santé

Ville pilote labellisée par l’OMS, SQY développe ce démonstrateur pour proposer à 1 500 personnes en perte d’autonomie des services afin de faciliter leur prise en charge. Piloté par Altran et Bluelinea, ce projet retenu dans le cadre des Investissements d’avenir est soutenu par la Casqy, le Conseil Général des Yvelines et l’Agence Régionale de Santé Île-de-France. Son objectif est d’utiliser les nouvelles technologies pour permettre le maintien à domicile de personnes en perte d’autonomie.

Développé depuis l’automne 2013, il comprend un portail internet qui regroupe des informations personnalisées sur le patient que les professionnels de santé peuvent consulter en tout lieu, facilitant ainsi une prise en charge rapide en cas d’urgence. D’autres services sont également développés comme un tensiomètre électronique permettant au patient de prendre sa tension à domicile, une balance connectée à un diététicien pour un suivi nutritionnel, un stylo numérique pour la mise à jour de la fiche de liaison ou encore un bracelet de géolocalisation permettant de retrouver rapidement une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer qui se serait égarée. Développés par la société Bluelinea, ces bracelets sont aujourd’hui utilisés par plus de 400 maternités et EHPAD en France. Soutenue par la Casqy, cette société basée à Elancourt suit désormais plus de 12 000 personnes âgées à leur domicile et 18 000 résidents en EHPAD et hôpitaux.

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Vue d’architecte de ResPoNse

ResPoNse, pour apporter de l’énergie positive

Fin 2015, Guyancourt accueillera la première résidence étudiante de France à énergie positive. Voulant accompagner la croissance du campus universitaire, la Casqy a soutenu la construction de ce bâtiment de 147 chambres conçu avec du béton bas carbone, des brise-soleils sur la façade en bois et des panneaux photovoltaïques sur le toit. François Ghestem, chef de ce projet nommé « RÉSidence étudiante POsitive au Nouveau Standard Écologique », explique :

« Le plus innovant dans ce concept est le système d’hypervision développé avec SINTEO qui permet à chaque étudiant de piloter sa consommation énergétique dans un cadre incitatif mis en place avec le bailleur VALOPHIS et le gestionnaire ARPEJ. En effet, les comportements énergétiques les plus vertueux pourront être traduits en bonus de charge pour les étudiants durant toute la durée d’exploitation du bâtiment ».

PPSL, pour coordonner la sécurité publique

Créé en 2008 avec l’appui du Ministère de l’Intérieur, le Pôle Pilote de Sécurité Locale est un laboratoire technico-opérationnel conjoint entre les industriels et les forces de sécurité et de secours. Fondé par la ville d’Elancourt, la Casqy et Cassidian (Division Défense et Sécurité du groupe EADS), il est ouvert à tous les acteurs de l’innovation : PME, laboratoires de recherche, départements R&D. Il regroupe en son sein Police Nationale, Police Municipale, Gendarmerie, Pompiers, SAMU et organismes de sécurité privés. Tous ces acteurs trouvent dans le PPSL une plateforme de tests et d’évaluation. Cette plate-forme de démonstration innovante permet de tester des systèmes de vidéosurveillance intelligents, des moyens de surveillance aéroportés, des plates formes mobiles d’aide à la décision et de transmission de données en haut débit.

L’avenir par la mise en réseau

En misant sur la capacité des acteurs à collaborer à travers des projets de partenariats innovants, la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines se donne pour objectif de fédérer les intelligences. Cette mise en réseau permet la collaboration. Ainsi, avec le projet Livegrid, lorsque le Synchrotron de Saclay a besoin d’une forte consommation d’énergie, il envoie un signal aux autres établissements pour qu’ils réduisent la leur. Cette ville connectée est notre avenir. La Casqy, forte de ses entreprises, de ses centres de R&D et de sa complémentarité avec le pôle de grandes écoles et d’universités de la Communauté d’agglomération du Plateau de Saclay (CAPS) est à même de tester in-situ des solutions innovantes dont certaines pourraient servir d’exemples à d’autres territoires.

 

 

 

Suite du Dossier<< Seine-et-Marne : Télécentres de toutes les attentions

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