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Plaine de France rebat ses cartes

Dix ans après une première édition, l’Établissement public d’aménagement Plaine de France publie un nouvel Atlas économique de son territoire. Qui, dans les grandes lignes, est jeune, dynamique et pauvre…

Atlas Plaine de France-couverture

 

Les résultats exprimés par la mouture élaborée en 2004 avaient convaincu l’EPA que son territoire devait se doter d’objectifs importants en matière de démographie, de logement, d’emploi et de transport. Ce mardi 27 janvier, à la Cité du cinéma, il présentera aux élus concernés certaines évolutions positives et des contrastes saisissants.

Locomotive démographique mais poche de pauvreté

Premier élément positif : la hausse démographique. Plaine de France compte 1 million d’habitants. Entre 1990 et 1999, sa démographie avait connu un net tassement : +0,1%, seulement. Situation retournée entre 1999 et 2010 puisque le taux est de +0,85% (+0,67% pour l’Île-de-France), avec des poussées qui atteignent parfois les 3% dans les espaces périurbains de l’aéroport Charles-de-Gaulle. Seule ville à se distinguer par une démographie négative : Bonneuil-en-France et ses 723 habitants. Deux facteurs expliquent cette embellie : un solde migratoire qui a freiné sa chute, en passant de -1% dans les années 90 à -0,4% dans la décennie 2000, et surtout un solde naturel particulièrement dynamique : +1,3% entre 99 et 2010, quand l’Île-de-France n’atteint que +0,9% et la France peine à +0,4%. Une véritable locomotive démographique que cette Plaine-de-France, donc, avec un bémol signalé par Emmanuel de la Masselière, directeur de la Stratégie et du Développement de l’EPA : « Même si le solde migratoire s’est amélioré, on note un nombre très important d’entrées et de sorties du territoire. Jusqu’à présent, nous ne savons pas qui cela concerne ni pourquoi une telle quantité d’échanges a lieu. Mais c’est un sujet à analyser, tant il a d’importance en matière de politiques publiques. »

Atlas Plaine de France-dynamiques de peuplement

Cartes des dynamiques de peuplement

 

Autre chiffre qui pourrait, à priori, être un motif de fierté pour l’EPA : la hausse de la part des cadres et des professions intellectuelles supérieures dans la population active. Sur un territoire aussi stigmatisé, la mixité sociale ferait le plus grand bien. Effectivement, cette part a augmenté de 1,86% en 10 ans (les 7,31% sont devenus 9,17%). Sauf que… dans le même temps, elle passait de 21 à 26% en Île-de-France. Autrement dit, la progression des cols blancs en Plaine de France est une belle illusion d’optique. Non seulement, elle apparaît comme « naturelle », mais sa faiblesse fait apparaître tout au contraire un décrochage au sein de la région capitale. À cette échelle, en effet, la carte ci-dessous montre Plaine-de-France comme une vraie poche de pauvreté qui s’enracine, alors que tout le monde s’enrichit autour d’elle.

Les autres données sont à l’avenant : un revenu médian qui évolue peu, un taux de chômage qui reste à 30% supérieur à celui de l’Île-de-France depuis 10 ans et un niveau de formation catastrophique : 31,52% de non diplômés en 2010 (16,71% pour l’Île-de-France) contre 26% en 1999 ! Quand on sait que 30% de la population de Plaine-de-France a moins de 20 ans…

Atlas Plaine de France-catégories socioprofessionnelles

Catégories socio-professionnelles : cadres et professions intellectuelles supérieures

 

Aimant à cols blancs, territoire de transition

Enfin, côté logement, la situation est dans une moyenne moyennante, à l’image de l’Île-de-France. Un peu plus certes que la région (« Plaine de France a produit 10% des logements construits en Île-de-France alors qu’elle représente 8,3% de la population régionale », nous dit l’Atlas »), mais pas non plus des sommets : 37 560 logements y ont été construits entre 2001 et 2010. Avec plusieurs villes sous PEB (plan d’exposition au bruit), aux alentours de Roissy, l’effort de construction s’est intensifié au sud du territoire, en zone dense. La communauté d’agglomération Plaine Commune représente à elle seule 50% de la construction, et la ville de Saint-Denis, 20%. Sur cette portion de territoire, les logements collectifs peuvent allègrement dépasser 71% de la part des logements alors qu’ils n’atteignent pas les 19% tout au nord (du côté de Marly-la-Ville ou de Puiseux-en-France). Un décalage qui caractérise Plaine de France comme un territoire de transition entre zone dense et zone paysagère, entre métropole et grande couronne, la plateforme portuaire de Roissy faisant office de frontière et donc d’entrée dans le Grand Paris.

Atlas Plaine de France-production de logements

Production de logements entre 2001 et 2010

 

Roissy qui demeure le « bijou » économique de Plaine de France, voire pour Emmanuel de la Masselière « la locomotive de la compétitivité française ». Roissy, c’est 85 000 emplois sur le seul aéroport, 160 000 sur le Grand Roissy, + 15 000 dans la décennie 2000. La commune de Roissy-en-France où sont inscrites les entreprises de la plateforme possède un taux de concentration de l’emploi supérieur à 600% ! Bientôt sans doute titillé par celui de la Plaine-Saint-Denis, le territoire tertiaire qui aimante les emplois cadres. Au total, la Plaine de France s’est doté de 87 000 emplois supplémentaires entre 1999 et 2010, essentiellement sur ces deux pôles, ce qui confère au territoire un aspect très sectorisé. Et ne peut pas masquer ces pertes d’emploi massives que connaissent des villes aussi importantes qu’Aulnay-sous-bois ou Le Blanc-Mesnil. En 2024, lors de la parution du troisième Atlas, elles se seront peut-être trouvé un nouveau destin.

L’Atlas complet sera sous peu en ligne sur : http://www.plainedefrance.fr

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