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Macdonald, la reconversion commentée

AVANT/APRÈS. L’année 2015 sera celle de l’avénement du quartier Macdonald dans le 19ème arrondissement. Et de son totem : l’ex-entrepôt du même nom reconverti, surélevé, densifié et même traversé (par le tramway). Après les 1 700 salariés de la banque en ligne Hellobank venus occuper les lieux en janvier, 10 000 autres usagers sont attendus au cours de l’année. Un changement d’époque que nous commente l’urbaniste Jean-Jacques Treuttel, à partir de deux images : l’entrepôt avant travaux / une perspective du projet.

Entrepot Macdonald avant reconversion

Crédit : SAS Paris Nord Est

 

Vue globale de la reconversion de l'entrepôt Macdonald

Crédit : FAA-XDGA-Robota

 

Véritable marqueur territorial le long d’un boulevard extérieur du 19ème arrondissement, l’entrepôt Macdonald fut unique en son genre : un bloc de 617 mètres de long avec son propre réseau de rampes, de voies et de quais dédiés au fret et connectés aux réseaux de chemin de fer et aux grands axes routiers. Un temple de la logistique. Une « tour couchée ».

« On constate sur la première photo son incroyable étirement, nous dit Jean-Jacques Treuttel. Les travaux suggérés par les palissades et les pelleteuses affirment encore plus visuellement son caractère industriel, même s’ils sont là pour la circonstance. L’aspect routier du quartier est omniprésent avec les lampadaires, les panneaux de publicité et les fils électriques (absents d’habitude dans Paris). On a aussi une sensation de no man’s land avec cette rampe qui part à droite sans savoir très bien où elle va. Malgré tout, pour un édifice aussi gigantesque, il est clair qu’il est de bonne facture. Sa qualité est même soulignée par cette sorte de grillage de fenêtres, répétitif, qui en accentue la l’horizontalité. »

Œuvre de l’architecte Marcel Forest, spécialiste des bâtiments industriels, l’entrepôt fut achevé en 1970 pour la société Calberson. Racheté en 2006 à la Sovafim par la Caisse des dépôts, Icade et la Semavip, il est donc transformé de fond en comble pour devenir le centre d’un nouveau « morceau de ville » avec logements, bureaux, commerces et équipements publics. « Le changement est effectivement très net sur la deuxième image, remarque Jean-Jacques Treuttel. Le bâtiment est conservé, mais plus clair, et surélevé par un ensemble qui suppose plusieurs opérations. L’idée architecturale est celle d’ajouts qui semblent en lévitation au-dessus de l’existant. » Dès sa conception, Marcel Forest avait prévu cette surélévation, jusqu’à cinq étages supplémentaires. « L’image ne nous dit pas à quoi seront destinés ces ajouts, poursuit Jean-Jacques Treuttel. Il semble effectivement qu’ils se fassent sur cinq niveaux, tout en gardant l’expression de l’horizontalité. On peut se demander quelle fut l’exigence du cahier des charges pour permettre une telle surélévation sans écraser le bâtiment initial, sans le dévaloriser. C’est une belle manière de montrer comment on peut réhabiliter un tel édifice. Par ailleurs, il se dégage une réelle volonté de ne pas en effacer l’histoire, mais de s’appuyer sur la mémoire du lieu pour construire autre chose. »

Va-t-il pour autant transformer ce quartier périphérique de Paris, longtemps délaissé entre la porte de la Chapelle et celle d’Aubervilliers ? « L’image ne le dit pas, répond Jean-Jacques Treuttel. Certes, on note une volonté d’apaiser le caractère très routier du quartier vers un boulevard plus urbain. Mais l’image se concentre avant tout sur les qualités architecturales du bâtiment. Elle n’indique pas avec précision le nouveau traitement paysagé de l’espace public. Peut-être n’est-il pas encore prévu. On n’a en tout cas pas le sentiment d’une ville dense et compacte, mais plutôt de rester dans quelque chose de périurbain. Il aurait fallu gommer l’austérité qui se dégage de l’image, prévoir des places de stationnement longitudinales le long des trottoirs, voire garder ce vélo attaché au lampadaire dans la première image. Il faudrait aussi savoir ce qui se passe en face de l’entrepôt. D’autres perspectives de ce projet dévoilent une transformation plus radicale du quartier et l’on ne peut qu’être d’accord avec la mutation d’un quartier périphérique en déshérence. »

Repères

Façade entrepôt Macdonald

Vue de la façade nord de l’entrepôt. Crédit : François Leclerc

 

Surface : 5,5 ha
1 700 logements dont 635 logements sociaux (271 pour jeunes travailleurs et étudiants)
Bureaux : 28 000 m²
Activités artisanales : 16 000 m²
Commerces : 35 500 m²
1 300 places de parking
1 crèche (66 berceaux)
1 école polyvalente de 12 classes
1 gymnase (2 salles de sport)
1 collège (24 classes)
1 centre social associatif

Vue de la façade sud reconvertie de l'entrepôt Macdonald

Vue de la façade sud, reconvertie. Crédit : FAA-XDGA-Robota

 

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