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Les déblais du Grand Paris Express cherchent des projets

Avec un nouvel appel à projets, la Société du Grand Paris poursuit sa quête quant à la gestion des déchets qui seront issus du « chantier du siècle ».

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43 millions de tonnes. C’est le chiffre annoncé, ressassé, et qui fait peur. 43 millions de tonnes de déblais vont être produits par le chantier du Grand Paris Express d’ici 2030, date annoncée pour la fin des travaux. Chaque année, cela représentera une hausse annuelle de 10 à 20% de la production francilienne de déblais. En totalité, c’est environ 400 fois plus que le seul chantier de la Samaritaine. De quoi se poser sérieusement des questions sur la gestion et le devenir de cette montagne de déchets.

La Société du Grand Paris (SGP) y avait travaillé dès la phase projet qui précédait les débats publics de 2010. Depuis, elle ne cesse de creuser le sujet avec la création d’un schéma directeur des déblais puis, en 2015, un appel à manifestation d’intérêt visant à réunir des propositions concrètes en matière de caractérisation, de traçabilité et de valorisation des matériaux extraits du sol. Aujourd’hui, elle lance un appel à projets en collaboration avec l’ADEME pour se doter de solutions innovantes. Dans ce cadre, elle a défini trois axes de recherche : transport alternatif, transparence, valorisation.

Trains et péniches

Question transport, il s’agit de trouver des alternatives écologiques à la route pour l’évacuation. Comme il n’est pas encore question d’affréter des montgolfières restent deux solutions : le fret ferroviaire ou les voies navigables. La SGP a déjà mis en place une plateforme ferrée à Champigny (Val-de-Marne) qui fonctionnera avec six trains par jour, une dizaine d’autres sites sont en cours d’étude avec SNCF Réseau. Mais la SNCF rechigne à affréter des wagons mal adaptés. Les déblais doivent être extrêmement secs, or ce qui ressort d’une excavation au tunnelier c’est de la boue. « Si vous chargez 20 tonnes de terre de déblais dans un wagon, il en ressortira 2 tonnes, nous dit un expert, et vous passerez 2 ou 3 jours à le nettoyer ». Le fluvial paraît plus sûr. D’autant que le volume transporté par une péniche équivaut à 250 camions. Cinq plateformes fluviales sont donc déjà prévues : à Vitry, Gennevilliers et sur l’île Monsieur en ce qui concerne la Seine, au Pont de Bondy pour le canal de l’Ourcq et à Aubervilliers pour le canal Saint-Denis. Mais Joëlle Colosio, directrice Île-de-France de l’ADEME, rappelle qu’il est « aussi nécessaire de développer des moyens de transport propres. »

70 % de valorisation

La transparence, c’est assurer un processus de traçabilité des déblais de leur extraction à leur stockage. La SGP a créé un outil en ligne pour cela, actuellement testé sur le chantier de Fort d’Issy-Vanves-Clamart. La difficulté tient dans la forte variabilité des déblais. Frédéric Willemin, directeur de l’ingénierie environnementale à la Société du Grand Paris, rappelle « qu’à tunnelier donné correspond excavation donnée. À chaque méthode d’excavation correspondent des matériaux différents. » La caractérisation des déblais est donc un enjeu primordial pour améliorer la filière de tri.

Car, et c’est le troisième axe de recherche, l’objectif est de valoriser au maximum les déblais. La SGP souhaite atteindre le ratio de 70 % de valorisation. Première piste : utiliser les terres excavées pour le comblement de carrières ou des projets d’aménagement. Paris Sud Aménagement veut ainsi passer un contrat avec la SGP pour importer 550 000 m3 de terres excavées afin de remodeler le parc Georges Brassens à Massy (Essonne). Deuxième piste : l’économie circulaire. Autrement dit, réutiliser les déblais pour la fabrication de matériaux de construction. Un enjeu fort quand on sait que l’Île-de-France importe 45 % de ses matériaux de construction et que la raréfaction des matières premières pointe son nez. Mais un enjeu aussi en termes de développement économique : la structuration de filières pourrait permettre de créer plus de 150 000 emplois d’ici 2020, selon l’ADEME.

Cinq entreprises à sélectionner

Après « Le Grand Paris des commerces et services de proximité » et « Le Grand Paris de la mobilité », la SGP a donc lancé ce troisième appel à projets, « Le Grand Paris des déblais » en direction des entreprises. Profitant d’un premier déploiement des chantiers du Grand Paris Express depuis juin 2016, celles qui seront sélectionnées « pourront expérimenter sur les chantiers, sur des périodes de quelques mois, des solutions concrètes concernant l’ensemble de la chaîne de gestion des déblais, du transport à la valorisation, en passant par la traçabilité. » Au minimum, cinq entreprises seront choisies qui pourront bénéficier chacune d’un financement de 100 000 euros maximum.

 

Dates clés de l’appel à projets

21 octobre 2016 : réunion de lancement de l’appel à projets dans les locaux du Pavillon de l’Arsenal et lancement des candidatures.
12 décembre 2016 : fin de dépôt des candidatures
Mi-janvier : jury final et annonce des projets retenus
Début février : début de l’ingénierie des projets et de la phase d’expérimentation
Juillet 2017 : fin des expérimentations
http://www.innovation.societedugrandparis.fr/

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