banner ad
banner ad

Les 7 ponts du Grand Paris

LISTICLE. Franchir. Le périphérique. Les fractures. Sociales et urbaines. Le Grand Paris se pense aussi comme un pont bâti entre cette capitale fermée, cet intramuros, et sa banlieue. Est-ce un symbole, une métaphore, mais justement il en construit des ponts. En voici 7. 7 idées du Grand Paris.

Franchissement Pleyel : le Grand Paris métropolitain

Crédit : Marc Mimram

Ce ne devait être qu’une simple passerelle au-dessus du faisceau ferré de la gare du Nord, faisceau qui coupe en deux la Plaine–Saint-Denis avec d’un côté le carrefour Pleyel, le cœur de ville et un peu à l’Ouest la Seine, de l’autre le quartier d’affaires et le Stade de France. Finalement ce sera un mastodonte, un ouvrage d’art exceptionnel de 280 mètres qui permettra l’interconnexion entre la gare de la ligne D du RER et celle du Grand Paris Express où viendront converger les lignes 14, 15, 16 et 17 faisant du carrefour Pleyel un hub du Grand Paris.

Ce bâtiment-pont supportera aussi des immeubles devenant plus qu’un simple franchissement une véritable rue, un quartier même. Après le choix en juillet 2016 de l’architecte Marc Mimram pour le dessiner, les études lourdes démarrent dès cette année avec déjà un budget de 17 M€. Selon Plaine Commune Développement, l’aménageur du site, le coût total du projet est de 173 M€, budget auquel abondent la Caisse des Dépôts, la Région Île-de-France, l’État, la Société du Grand Paris, la SNCF et l’Établissement public territorial Plaine Commune. Ces acteurs souhaiteraient que le pont soit livré avant d’éventuels JO de 2024 pour permettre une liaison fluide entre le village olympique près des bords de Seine et le Stade de France.

 

Passerelle de la Tégéval : le Grand Paris durable

Celle-ci est aussi signée de l’architecte Marc Mimram, un spécialiste du genre qui est en train de bâtir un pont sur le Danube. Elle fut inaugurée le 18 juin 2016 à Valenton (Val-de-Marne) pour enjamber sur 240 mètres et d’un seul jet la RN 406 et la RD 102 autrefois infranchissables à pied. Pourquoi donc ? Pour assurer une continuité à la Tégéval, cette véritable autoroute verte où l’on circule déjà sur 7 km à très lente vitesse, à vélo ou à pied. En 2020, les 20 km de la Tégéval seront ouverts entre Créteil et Santeny, un chemin de traverse reconquis sur d’anciennes friches industrielles qui viendra valoriser les espaces naturels à proximité et permettre l’installation de potagers et de vergers. Coût de la passerelle : 5 M€.

 

Ponts de Louvres : le Grand Paris bâtisseur

Louvres et Puiseux, Val d’Oise. Une population de 12 000 âmes. Pour l’instant. Dans dix ans, les âmes seront 22 000. Louvres bâtit. C’est le moins qu’on puisse dire. Trois nouveaux quartiers vont se dire : 3 340 logements sur 82 hectares. Alors forcément, ça demande quelques aménagements. Les deux ponts-rails de la gare de Louvres, par exemple, sur lesquels circulent le RER D d’un côté et le TER Paris-Lille de l’autre, étaient trop étroits. En dessous, sur la RD 184, les véhicules avançaient sur une ligne. Pas terrible pour donner accès au nouveau quartier de la gare qui sera le premier achevé. Pas terrible pour créer une nouvelle centralité dans l’agglomération. Alors SNCF Réseau les a agrandi, ou plutôt, a posé deux nouveaux ponts. Plus d’un an de travaux et 10 M€ avant leur inauguration en novembre 2015, et un financement assuré par l’État, la Région et le département du Val d’Oise.

 

Passerelle du Millenium : le Grand Paris du maillage

Crédit : DVVD

Un arc qui enjambe le périphérique et relie deux secteurs en pleine transformation. D’un côté, Paris 19e et son entrepôt Macdonald reconverti en quartier. De l’autre, Aubervilliers l’industrielle qui se refait lentement une beauté, s’est doté d’un centre commercial, le Millenium, va reconfigurer son fort et accueillir des milliers d’étudiants et de chercheurs dans son Campus Condorcet. Et donc, cet arc, passerelle piétonne de 120 tonnes et 98 mètres de long que ses concepteurs ont voulu comme une nouvelle rue, un maillage du territoire qui serait sensé effacer la coupure de l’autoroute urbaine qui passe en dessous. Coût : 8,5 M€. Seize mois de travaux et une inauguration en octobre 2015. Sauf que la belle passerelle bardée de bois serait une véritable patinoire qui fait peur aux salariés et habitants qui l’empruntent : il y manque un antidérapant.

 

Viaduc de Bezons : le Grand Paris de la mobilité

 

Le chantier Eole a commencé. À l’horizon 2024, la branche ouest du RER E rejoindra Mantes-la-Jolie depuis Saint-Lazare. Cette nouvelle radiale censée désaturer le RER A et la gare Saint-Lazare, agrandir le bassin d’emploi ou encore rapprocher La Défense de Mantes va nécessiter de construire trois nouvelles gares, de réhabiliter les autres, de rénover des voies et de construire de nouvelles infrastructures. Pour un coût global de 3,7 Mds €. Pour l’instant. Parmi ces infrastructures, un nouveau pont qui rattachera Nanterre à Bezons en sautant par dessus la Seine et l’île Saint-Martin. Sans doute construit entre 2020 et 2024, on n’en sait pas encore beaucoup sur lui. Mais sans doute sera-t-il accompagné d’une passerelle dédiée aux mobilités douces.

 

Passerelle Mantes-la-Jolie/Limay : le Grand Paris de la politique de la ville

En jaune, la passerelle contiguë au pont.

Entre Limay et Mantes-la-Jolie, il y a bien un pont qui enjambe la Seine et traverse l’île aux Dames. Dit aussi Pont Neuf de Mantes, en opposition au Vieux Pont, il est réservé aux véhicules. Le piéton y est malheureux. Alors va lui être adjointe une passerelle, une sorte de trottoir qui serpentera à ses côtés. On pourra cheminer sur l’île aux Dames à pied ou à vélo. L’enjeu est certes de promouvoir les modes doux de déplacement, mais aussi et surtout de transformer l’image détériorée de ce territoire (Mantes-la-Jolie connaissait un taux de pauvreté de 31 % en 2013 et un taux de chômage de plus de 20 %), de mettre en valeur les berges de Seine et son patrimoine : la superbe collégiale de Mantes, le Vieux Pont, l’un des plus anciens de France, immortalisé par Corot. Pour cela, la Région, l’État, le département des Yvelines et les deux maitres d’ouvrage, Grand Paris Seine & Oise et le Syndicat mixte d’aménagement, de gestion et d’entretien des berges de la Seine et de l’Oise (SMSO) – avec l’EPAMSA comme mandataire – n’ont pas hésité : ce sera 9,6 M€. Le chantier a débuté en décembre pour une livraison prévue en 2018.

 

Pont et passerelle de Clichy-Batignolles : le Grand Paris de la mixité

En haut, la passerelle ; en bas, le pont. Crédits : Marc Mimram, Wilkinson Eyre Architects

Depuis 10 ans, la Ville de Paris réaménage tout un pan de ville à son nord-ouest. La ZAC Clichy-Batignolles qui accueillera dès cette année le nouveau TGI de Paris, c’est 54 hectares de chantier en plein Paris. 54 hectares principalement étalés sur le versant est du faisceau ferroviaire de la gare Saint-Lazare. Mais pas question de laisser ce nouveau quartier coupé en deux par des lignes de chemin de fer. Au contraire, l’idée est bien de l’intégrer. La mixité, quelle qu’elle soit est une des composantes majeures du projet Clichy-Batignolles. Donc il faut un pont qui enjambe les 120 mètres du faisceau. Et parce que Clichy-Batignolles se définit comme un écoquartier, il faut aussi une passerelle dévolue aux mobilités douces. Leur installation a commencé l’été 2016 et se poursuivra jusqu’à une ouverture au public début 2018. Coût de la passerelle : 5 M€. Coût du pont : 9 M€.

A LIRE SUR GRAND PARIS METROPOLE

×

Envoyer un commentaire