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Le rapport Pauvros reconfigure le Canal Seine Nord

| 12/12/2013

ANALYSE. Hier, le député Rémi Pauvros remettait au ministre des Transports son rapport sur la « Mission de reconfiguration du Canal Seine Nord Europe Réseau Seine Escaut ». Il replace en perspective cet énorme projet qui favoriserait le report modal du transport routier vers la voie d’eau.

carte seine escaut

Intérêts économico-énergétiques

L’étude économique réalisée par un cabinet externe confirme que le chantier permettrait de créer en moyenne de 10 à 13 000 emplois directs et indirects par an durant les 6 à 7 années de chantier. A l’horizon 2050, du fait du développement de nouvelles activités (plateformes multimodales), 50 000 emplois sont envisagés. « Le projet, dit le rapport, revêt aussi un intérêt pour la transition énergétique et le report modal. Alors que les trafics de marchandises dans cette zone de l’Europe sont appelés à croitre entre les grands ports, le projet ouvre une possibilité de report vers un moyen économe en consommation d’énergie ; 1 kilo équivalent pétrole permet, en effet, de transporter une tonne sur 50 kilomètres pour un poids lourds contre 275 km pour un convoi fluvial de 4400 tonnes, le plus grand gabarit possible pour le Canal Seine Nord. Une péniche de 1500 tonnes émet 4 fois moins de CO2 à la tonne transportée qu’un poids lourds. »

Financement européen

Le projet serait reconfiguré prioritairement sur un tronçon central pour un coût de 4,5 milliards d’euros. Pour profiter d’un effet réseau, une date d’ouverture de ce tronçon ouvrirait à l’horizon 2020/2023. Des travaux préparatoires seraient engagés dès 2015. Dans le cadre du nouveau Mécanisme d’interconnexion en Europe (MIE) voté en novembre 2013, le Canal Seine Nord Europe obtiendrait un financement européen à hauteur de 40% du coût des travaux et 50% du coût des études. Les collectivités locales renforceraient leur engagement, les Départements ayant déclaré vouloir diriger leur appui sur l’infrastructure elle-même et les Régions ont garanti leurs précédents engagements à hauteur d’un total de 510 millions d’euros (210 millions d’euros pour l’Ile de France, 80 millions pour la Picardie, 220 millions d’euros pour le Nord Pas de Calais). Enfin, la Banque Européenne d’investissement, ainsi que la Caisse des Dépôts et Consignations proposent des financements importants pour les infrastructures à des taux bas et sur des durées longues (plus de 40 ans).

Gouvernance

À l’image de la Compagnie Nationale du Rhône, une société publique serait créée (« un signe fort de la part de la France pour développer à nouveau une culture fluviale ») dont les actionnaires seront les Voies Navigables de France et les collectivités. Cette société sera ouverte à d’autres partenaires et dédiée au développement du transport fluvial et des emplois. Exit donc le PPP. Le rapport propose la nomination d’un coordinateur national ainsi qu’une gouvernance partenariale renouvelée au niveau Seine Escaut avec, notamment, l’implication des Pays-Bas dans le cadre de sujets spécifiques.

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