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Le Grand Paris des riches, la Métropole des pauvres

DOCUMENT. L’Atelier parisien d’urbanisme et l’INSEE ont publié une étude sur les écarts de revenus au sein de la métropole du Grand Paris (MGP) qui rassemble, rappelons-le, Paris et les trois départements de petite couronne. Le constat est accablant : il s’agit bel et bien de la métropole française la plus inégalitaire.

Paris, le creuset des différences

L’étude réalisée à partir des chiffres de 2013 dévoile d’abord le revenu médian par unité de consommation (UC). Il est de 1 800 €, légèrement inférieur à celui de l’Île-de-France (1 900 €), mais supérieur aux autres grandes métropoles françaises. En revanche, par rapport à ces autres métropoles, les disparités de revenus sont bien plus fortes : « Le seuil de revenu disponible au-dessus duquel se trouvent les 10 % les plus aisés est 5,2 fois supérieur à celui au-dessous duquel figurent les 10 % les plus modestes », nous dit l’étude. Ce rapport varie de 3,1 à 4 pour les autres métropoles. Voilà donc une MGP tiraillée entre des ménages très modestes (10 % d’entre eux vivent avec moins de 800 € par mois) et des ménages aisés (10 % d’entre eux disposent d’un revenu supérieur à 4 100 €). Écart qui se creuse encore plus au sein de Paris intramuros où « le revenu des ménages les plus aisés est 6,6 fois plus élevé que celui des ménages les plus pauvres. »

T2, T3 et T4 contre T6, T7 et T8

Heureusement, pourrait-on dire, qu’il existe des mécanismes redistributifs (prestations sociales et familiales, minima sociaux, impôts directs) car autrement le rapport de 5,2 précédemment cité serait de 9,3. Autrement dit, les plus aisés gagneraient près de 10 fois plus que les plus pauvres. Ces mécanismes parviennent ainsi à accroître de 58 % le revenu des ménages les plus modestes, en particulier les familles monoparentales et les familles nombreuses. Ils jouent donc un rôle majeur dans la réduction des inégalités.

Mais sont insuffisants si l’on observe les écarts de pauvreté entre les territoires qui composent la métropole. Ces territoires sont au nombre de douze et se sont constitués en Établissements publics territoriaux. Qu’observe-t-on ? Un taux de pauvreté supérieur à 25 % dans trois d’entre eux : Plaine Commune (T6), Paris Terres d’Envol (T7) et Est Ensemble (T8). Où se trouvent-ils ? Au nord-est. Au sud-ouest, en revanche, ce taux de pauvreté est inférieur au niveau national : 11 % à Paris Ouest La Défense (T4), 9 % à Grand Paris Seine Ouest (T3) et 10 % à Vallée Sud Grand Paris (T2). Une sorte d’axe des inégalités en somme.

Si l’on y regarde même d’un peu plus près et que l’on prend en compte le revenu disponible des ménages (autrement dit le revenu déclaré agrémenté des diverses prestations) on se rend compte que Plaine Commune compte 87 % de ménages « vivant dans un quartier où le revenu disponible est supérieur de 5 % au revenu déclaré. » Cette part est de 21 % dans l’ensemble de la MGP.

Péréquation or not ?

Ailleurs, l’étude de l’APUR et de l’INSEE note divers cas de figure : des territoires conquis par les classes moyennes à Grand Paris Grand Est (T9) ou Grand Paris Sud Est Avenir (T11) ; d’autres principalement formés d’espaces aisés et de classes moyennes comme Paris Est Marne & Bois (T10) ; d’autres enfin où coexiste une certaine mixité sociale et des disparités fortes, y compris au sein des quartiers, c’est le cas par exemple de Boucle Nord de Seine (T5).

C’est donc une géographie des richesses très éclatée que nous donne à lire cette étude, où l’entre-soi semble être de mise. Avec de telles disparités, on comprend aussi l’enjeu de solidarité qui devrait prévaloir au sein de la Métropole du Grand Paris où la question de la péréquation financière n’a toujours pas été résolue. Métropole où – dernier chiffre – un ménage sur six vit sous le seuil de pauvreté, soit 525 000 ménages : quatre points de plus qu’au niveau national.

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