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publié par GrandParisMetropole

L’automobile, petite reine des nouvelles mobilités ?

DOCUMENT. Si l’on croit l’automobile dépassée, finie, foutue, une enquête menée par l’Observatoire Société et Consommation et le cabinet d’étude Chronos révèle que pas du tout. Dans l’agglomération parisienne, de nouveaux usages viennent pallier à la congestion des transports collectifs. Et dans les territoires ruraux ou rurbains, la suprématie de la voiture n’est pas contestée, face à l’absence de ces mêmes transports.

Ces dernières années, les travaux de géographes, sociologues ou économistes ont dévoilé la fracture qui se creuse entre métropoles et territoires ruraux. L’Observatoire Société et Consommation (ObSoCo) et le cabinet d’études Chronos constatent aussi cette fracture dans leur Observatoire des mobilités émergentes. L’étude qu’ils ont mené avec l’institut Opinion-Way en octobre 2014 montre notamment la différence d’usage des transports. Les auteurs notent ainsi : « La part des individus qui recourent aux transports collectifs de manière régulière s’accroit très significativement avec la taille de l’agglomération : de 10% au sein des agglomérations de moins de 100 000 habitants à 59% dans l’agglomération parisienne. »

La voiture, objet de classe

Ce n’est guère une surprise : la voiture reste le moyen privilégié des mobilités à la campagne alors qu’elle est de plus en plus décriée à la ville. Au sein même des agglomérations, on trouve aussi de nettes différences selon le niveau de densité urbaine. Autrement dit, entre grande couronne et petite couronne parisienne, les pratiques de mobilité changent énormément. L’étude écrit donc : « Si les pratiques de mobilité sont aussi différenciées selon les territoires, c’est qu’elles résultent en grande partie des contraintes liées à la disponibilité des infrastructures de transport, à la densité des zones desservies, ainsi qu’aux caractéristiques sociodémographiques de la population. » Dans les zones rurales, 84% des Français estiment ne pas avoir la possibilité de choisir entre différents moyens de transport pour leurs déplacements quotidiens. Cette proporttion tombe à moins de 50% dans les agglos de plus de 100 000 habitants.

La voiture, encombrante pour les fameuses classes créatives du cœur métropolitain, devient imparable pour les classes laborieuses des espaces dits rurbains Celles-ci se voient aussi contraintes de se déplacer aux heures de pointe et ont peu de marges de manœuvre sur leur lieu de travail. Le coworking ou le télétravail sont encore très restreints aux actifs les plus qualifiés.

Ces râleurs de Parisiens

Or, ces nouveaux modes de travail pourraient solutionner en partie les problèmes de congestion que connaît la région parisienne. En tous cas, note l’étude : « La solution à la saturation des réseaux de transport ne se situe pas nécessairement dans l’extension exponentielle des offres de transport collectif. » Tramways, Grand Paris Express, Tangentielles, TZen ne seraient pas la panacée. Pire même : augmenter l’offre de transports publics tenderait à augmenter le nombre de voyageurs et donc la congestion. La mobilité va à la mobilité en quelque sorte. « Malgré la présence d’un réseau extrêmement dense, c’est également au sein de l’agglomération parisienne que la satisfaction à l’égard des transports collectifs est la plus basse. L’offre peine en effet à rattraper l’évolution du nombre de passagers, qui croit nettement plus rapidement », est-il écrit. Les Parisiens n’aiment pas la voiture, mais n’apprécient guère leurs transports collectifs. Il faut dire que c’est ici que les tensions sont les plus fortes : « le temps de trajet des actifs y est supérieur de plus de 50% à ce qui est observé dans le reste de la France. » La Région Île-de-France vient d’ailleurs de dévoiler un effort massif pour les transports du quotidien…

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Le covoiturage, terre française

Certains nouveaux usages de la mobilité tendent aussi à voir plutôt le jour dans les agglomérations. Il s’agit de la location de véhicules entre particuliers et de l’autopartage, surtout présents chez les jeunes et les CSP+, populations sans doute plus sensibilisées aux pratiques de l’économie collaborative.
En revanche, le covoiturage est lui largement diffusé sur tout le territoire français. Il faut dire qu’il n’a rien de très nouveau ni de très original. Les personnes qui vivent dans les territoires ruraux le connaissent depuis longtemps, ne serait-ce qu’à cause du problème des transports scolaires. L’étude note d’ailleurs que « dans la majorité des cas, le covoiturage est informel : moins d’une personne sur trois y ayant eu recours est passée par un site Internet au cours des 12 derniers mois. »

Au final, l’enquête de Chronos et de l’ObSoCo ne montre pas forcément un désamour des Français pour l’automobile, mais un réel changement d’usage qui devrait s’intensifier du fait du renouvellement des générations et de l’urbanisation toujours en cours. « Au contraire, notent les auteurs, les Français pointent parfois les limites des offres de transports collectifs à satisfaire la demande. »

 

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