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La Métropole du Grand Paris cherche ses territoires, l’APUR lance des pistes

DOCUMENT. Alors que la mission de préfiguration sur la Métropole du Grand Paris semble encore dans un grand flou artistique, l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) publie sur son site un état de l’art sur les regroupements de communes dans l’agglomération parisienne.

La loi MAPAM prévoit en effet, outre la création de la Métropole du Grand Paris, celle de vingt territoires en son sein structurés sur une population d’au moins 300 000 habitants. Aujourd’hui, seules trois intercommunalités (qui seront dissoutes pour mieux être relancées ?) répondent à cette condition : Plaine Commune, Est Ensemble et Grand Paris Seine Ouest. Par ailleurs, 41 communes de petite couronne ont fait le choix de ne pas intégrer d’intercommunalité, soit plus d’1,4 million d’habitants.

Listant l’ensemble des intercommunalités existantes, l’APUR s’appuie sur d’autres formes de regroupements pour examiner quels seraient ceux qui pourraient servir de base à la constitution de ces territoires.

Les Contrats de développement territorial (CDT)

Sur les 21 CDT engagés, 13 sont aujourd’hui validés. Hormis le fait que toutes les communes de la Métropole ne sont pas impliquées dans un CDT, ces contrats ne donnent pas lieu non plus à des territoires d’assez grande dimension pour être pertinents. L’APUR note que « Pour la majorité des élus de Paris Métropole interrogés, même si cette réflexion est constructive, la cohérence des périmètres entre les CDT et intercommunalités n’apparaît pas comme une donnée indispensable, el CDT étant un outil de contractualisation parmi d’autres. Toutefois, ce dernier a permis de mettre autour de la table des acteurs et de mettre en cohérence des projets déjà existants facilitant ainsi la lisibilité pour le territoire concerné. »

Autres formes de coopération intercommunale

D’autres formes de dialogues existent entre communes : associations, ententes ou alliances, souvent constituées sur des projets spécifiques comme le Grand Orly ou la Confluence Seine Oise. Cependant, exceptée la Vallée scientifique de la Bièvre formée sur un périmètre de plus de 600 000 habitants, elles sont souvent trop petites ou dépassent le cadre de la Métropole.

Les regroupements liés au services techniques et réseaux urbains

Ils concernent l’assainissement, l’eau potable, l’électricité, le gaz et les déchets. L’APUR en donne une liste exhaustive et dévoile en cartes leur complexité. En lien avec les communes, les intercos ou les départements, ils sont particulièrement éclatés et ne représentent guère une source de redécoupage territorial.

La géographie physique

Si elle peut expliquer certains regroupements (plaine de l’Ourcq, Mont-Valérien…), la géographie physique a été malmenée par les infrastructures de transport et l’urbanisation. Difficile d’en faire le seul point d’appui.

La géographie économique et sociale

Qu’il s’agisse du taux de chômage, du revenu des ménages ou du potentiel financier des communes, cette géographie met surtout en évidence des inégalités et un système binaire de fonctionnemement de la Métropole. Hormis quelques poches, on pourrait même tracer une diagonale qui va de Gennevilliers à Villeneuve-Saint-Georges en passant par Paris et définir ainsi deux Métropoles. La création des territoires trouverait plus de sens à casser cette articulation plutôt qu’à la renforcer.

Les moteurs de l’économie

39 pôles de plus de 10 000 emplois sont répertoriés par l’INSEE, dont 25 sur la Métropole du Grand Paris (6 sur Paris) et 14 en grande couronne. Leur importance est relative et ils sont inégalement répartis, l’est de la Seine-Saint-Denis et le sud-est du Val-de-Marne étant particulièrement mal logés. Il sera donc difficile pour chaque territoire de se constituer à partir d’un pôle d’emploi structurant, à moins de les faire évoluer.

C’est donc à un chantier particulièrement complexe que va s’atteler la mission de préfiguration, sans compter que les communes ont aussi souvent tendance à s’assimiler par préférence politique. Une autre forme de construction que l’agence d’urbanisme Devillers et associés demandait de réinterroger au regard des bassins de vie créés par les pratiques des habitants, lors de la Conférence territoriale sur la métropole à la DRIEA en janvier dernier. Bassins de vie qui pourraient, effectivement, créer une approche qualitative pour le découpage des territoires.

 

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