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La Défense (T4) : Renforcement par le transport

Article 21/22 du Dossier | Création de la Métropole du Grand Paris

PORTRAITS DES TERRITOIRES. Cohérent, puissant, ce territoire va pleinement profiter de l’arrivée de six gares du Grand Paris Express alors même qu’il n’a signé aucun Contrat de développement territorial. Pourtant, il rêve déjà de s’agrandir.

Gare Eole La Défense

Projection pour la gare du RER E sous le CNIT de La Défense.

Composé de onze communes, ce territoire dense amalgame trois Communautés d’agglomérations et trois villes qui n’appartenaient à aucun EPCI à fiscalité propre. Créée en 2004, Cœur de Seine est la plus ancienne. Comprenant Saint-Cloud, Garches et Vaucresson, elle s’avère cohérente mais peu puissante avec des villes résidentielles de taille moyenne sociologiquement plus proches de Marnes-la-Coquette que de Nanterre. La préfecture des Hauts-de-Seine justement est la plus grande ville du département avec 90 722 habitants, mais elle est aussi l’un des derniers bastions communistes de la petite couronne mélangeant habilement logement social et développement économique.

C’est peu dire que son association en 2009 avec Rueil-Malmaison et Suresnes pour créer la Communauté d’agglomération du Mont Valérien a surpris. Depuis, ce drôle de ménage à trois mêle le communiste Patrick Jarry, Christian Dupuy le maire modéré de Suresnes et l’ancien président du groupe parlementaire d’amitié franco-libyen Patrick Ollier… Enfin, la troisième Communauté d’agglomération créée en 2011, Seine-Défense, ne compte que deux villes, Puteaux et Courbevoie. L’inimitié entre Joëlle Ceccaldi-Raynaud, folklorique maire de Puteaux, et Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine n’a certainement pas facilité un rapprochement. Il n’est guère étonnant que Neuilly-sur-Seine soit avec La Garenne-Colombes et Levallois-Perret l’une des 3 villes n’appartenant à aucune agglo.

La Défense, un quartier saturé en difficulté

Certes, le premier quartier d’affaires européen porte encore beau. En 2014, affirme Hugues Parant, directeur général de l’Epadesa, il a même réalisé « la meilleure année de son histoire ». Mais cela ne doit pas masquer les incertitudes pesant sur le financement de son renouveau et le vieillissement de son parc locatif confirmé par son taux de vacance qui demeure très élevé, s’affichant à 11 % contre 7,6 % en Île-de-France. Depuis près de vingt ans, le quartier souffre d’une desserte insuffisante. Des pousseurs pour entasser les voyageurs dans la ligne 1, un RER A saturé à l’excès et des accès routiers engorgés en témoignent amplement. Il y a plus de 10 ans, Bernard Bled, alors directeur général de l’EPAD, plaidait inlassablement pour la prolongation d’Eole, seule solution pour lui de relier le quartier d’affaires au Mantois et de pallier ainsi à l’absence de logements abordables à proximité. Eh bien, nous y sommes !

Vers un nouvel envol pour La Défense ?

Dès 2017, les tunneliers perceront la future voie pour une ouverture de la ligne entre 2020 et 2022. Car il y a urgence. Si La Défense accueille toujours les sièges sociaux de Thalès, Total, Engie, Areva, BNP Paribas et autres, IBM France et Aviva se sont installés à Bois-Colombes, le Crédit Coopératif, Faurecia et Manpower France à Nanterre tandis que Chanel, Clarins, JC Decaux et Warner Bros préfèrent Neuilly-sur-Seine sans compter de nombreux départs d’entreprises vers La Plaine Saint-Denis ou plus à l’Est vers Villejuif et Fontenay.

Mais très bientôt le quartier va renforcer son attractivité avec l’arrivée d’Eole et du Grand Paris Express (GPE) au cœur d’une cathédrale ferroviaire. À 12 minutes de Saint-Denis-Pleyel et du Pont de Sèvres, le quartier sera de nouveau au cœur d’un réseau de transports dense avec peut-être une future ligne de LGV qui le relierait au Havre. De plus, le quartier va bénéficier de l’Arena92, salle d’une nouvelle génération qui devrait drainer un important public. Avec les autres gares du GPE, Saint-Cloud, Rueil-Suresnes Mont Valérien, Nanterre La Boule, Nanterre La Folie et Bécon-les-Bruyères, le territoire va probablement connaître un nouvel essor.

Aucun CDT dans ce territoire longtemps hostile à la métropole

Malgré six gares du GPE, aucun contrat de développement territorial (CDT) n’a été conclu sur le territoire. En 2012, Daniel Canepa, préfet de la région Île-de-France, a juste signé avec Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux, et Jacques Kossowski, président de Seine Défense et maire de Courbevoie, un accord-cadre sur le thème des métiers de la finance et des services. Mais dans la construction de la métropole, les Hauts-de-Seine ont toujours été rétifs, voire à contre-courant, avant de s’y rallier tardivement. Longtemps hostile à cette construction métropolitaine Patrick Devedjian, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, a pourtant été en 2015 co-président de la mission de préfiguration de la Métropole du Grand Paris.

Rivalités et rêves d’élargissement

Sur cette terre de grands fauves politiques, Patrick Devedjian n’a pas que des amis comme l’a montré son éviction de la présidence de l’UMP92 au profit de Jean-Jacques Guillet. Et c’est peut-être pour cela que Patrick Ollier, écarté de la présidence de Paris Métropole par son rival, songe avec d’autres maires des Hauts-de-Seine à étendre son territoire, diminuant d’autant l’importance du Conseil général. Avec douze autres élus, ils ont créé en mars 2015 l’association des maires pour le territoire de la Grande boucle de Seine que préside Christian Dupuy, maire de Suresnes.

Prévu pour s’étendre sur 15 communes comptant près d’un million d’habitants, il comprend 13 adhérents incluant la plupart des villes du T4 et du T5. Si Asnières, Bois-Colombes, Clichy, Colombes, Courbevoie, Gennevilliers, La Garenne-Colombes, Levallois, Nanterre, Rueil-Malmaison, Suresnes, Villeneuve-la-Garenne et Argenteuil ont fait part de leur accord, Puteaux et surtout Neuilly demeurent indécis, cette dernière regardant même vers Paris avec laquelle elle a des intérêts communs très forts comme l’Axe majeur. D’autres villes comme Garches, Vaucresson et Saint-Cloud n’ont pas adhéré et pourraient être tentées si ce projet se réalisait de rejoindre le T3 et ses villes au profil similaire comme Sèvres, Ville d’Avray et Marnes-la-Coquette. Sans conteste, ce territoire mêlant centres d’affaires et villes populaires aurait du sens. Mais dans le 92, l’union est un combat fratricide pour savoir qui sera le plus riche, le plus puissant.

T4, La Défense

Population (INSEE 2012) : 568 139 habitants
Superficie : 59,4 km2
Conseillers métropolitains : 14
Conseillers territoriaux : 90
Villes :
Courbevoie
Garches
La Garenne-Colombes
Levallois-Perret
Nanterre
Neuilly-sur-Seine
Puteaux
Rueil-Malmaison
Saint-Cloud
Suresnes
Vaucresson

Territoires de la Métropole du Grand Paris

Territoires de la Métropole du Grand Paris

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3 Comments on "La Défense (T4) : Renforcement par le transport"

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  1. rispe dit :

    Petit rectificatif mais d’importance, la plus grande commune du département des Hauts-de-Seine et d’Ile-de-France est Boulogne-Billancourt…

  2. Bon contenu, un post de qualité.

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