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La COP21, un effet vitrine pour le Grand Paris

INTERVIEW. À quelques semaines de la tenue de la COP21 (30 novembre – 11 décembre), Pierre-Henri Guignard, son secrétaire général, nous livre les détails de sa préparation et de son organisation. Si l’essentiel est de parvenir à un accord « historique » sur le climat, l’événement consiste aussi à montrer au monde la capacité de la France à accueillir plus tard les JO et l’Exposition universelle.

Pierre-Henri Guignard, SG COP21

Pierre-Henri Guignard, SG COP21

Quel est le plus difficile dans cette préparation de la COP ?

C’est une manifestation inhabituelle par sa durée, près de 15 jours, et par son ampleur avec 20 000 délégués et observateurs officiels ainsi que probablement autant de représentants de la société civile. C’est un enjeu considérable pour la communauté internationale et pour la France qui a une double responsabilité : présider les travaux et organiser la conférence. Le plus difficile est de recevoir la communauté internationale en la réunissant au Bourget dans un espace que nous allons transformer en hall de conférence. C’est l’un des rares endroits où nous pouvons réunir 40 000 personnes. Le 7 octobre nous avons pris possession d’un lieu nu que nous rendrons à l’identique le 31 décembre. Nous devons donc construire et faire vivre une ville.

C’est extrêmement compliqué et satisfaisant dans la mesure où nous voulons que la forme reflète le fond. Nous voulons un cadre élégant, car c’est la France, et un cadre raisonnable car nous devons être dans le respect du contribuable et du climat. Nos visiteurs s’attendent à être reçus à la française. Cela pourrait paraître anecdotique, mais la COP doit être une vitrine de notre savoir-faire d’autant que 3 000 journalistes seront présents. Pour l’hôtellerie, la restauration, les transports, nous devons proposer des solutions innovantes. Les hôtels doivent entrer dans une démarche de développement durable. Les concessionnaires attitrés du Bourget ont signé une charte. Ils devront utiliser des produits de saison venus en circuit court tout en montrant le savoir-faire français.

Nous privilégierons aussi les transports en commun. Des jeunes de Seine-Saint-Denis sont formés pour accompagner les délégués et travailler avec la quarantaine de prestataires. Pendant la COP, tous les RER s’arrêteront au Bourget et la RATP mettra en place des navettes. D’autre part, la RATP a acheté du matériel de nouvelle génération qui devait être mis en service début 2016 mais qui, à sa demande, sera livré avant pour être utilisé lors de la COP. La conférence se tiendra 24h/24 et aux heures où le métro doit s’arrêter pour la maintenance nous disposerons de 200 véhicules électriques Renault-Nissan.

Comment préparez-vous la COP avec la société civile ?

L’une des premières décisions du Comité de pilotage a été d’associer largement la société civile. Elle sera présente sur le site même, ce qui distingue cette COP des autres. Nous allons créer des Espaces Générations climat et un village de 22 000 m2 où se dérouleront des conférences, des side events, des expositions…

Des propositions intéressantes en émergent-elles ?

Oui, l’accord pourrait reposer en partie sur L’Agenda des solutions qui recense les solutions innovantes qui viennent de la société civile, notamment des collectivités territoriales et des entreprises. La Galerie des technologies innovantes accueillera ainsi des entreprises qui présenteront sur 10 000 m2 leurs innovations. À la fin de la conférence, nous espérons être certifiés ISO20121. Ce serait la première fois qu’un évènement organisé par l’État obtient ce niveau de certification. Et comme l’époque du tout jetable est terminée, la grande salle sera démontée et réutilisée car elle est en bois 100% filière française.

Cet héritage devra être pris en compte pour l’organisation d’autres sommets. Depuis deux ans nous travaillons aussi avec les professionnels de l’évènementiel. La COP doit montrer au reste du monde notre capacité à accueillir aussi bien les JO que l’Exposition universelle. L’effet vitrine est important pour Laurent Fabius qui est aussi le ministre du Tourisme. Avec Air France, ADP et nos autres partenaires nous avons à cœur de montrer le meilleur visage de notre pays. Dès cet été, nos prestataires ont rencontré des jeunes dionysiens pour des stages afin que la COP soit pour eux une opportunité.

Combien d’officiers des Nations-Unies seront dans l’enceinte pour assurer la sécurité ?

Entre 150 et 200. L’enceinte aura un statut d’inviolabilité.

Comment gérez-vous les réservations d’hôtels ?

Il y a 2 ans nous avons dialogué avec l’Office du tourisme et des Congrès de Paris qui a réuni les représentants des hôteliers qui ont immédiatement réservé un stock de 12 000 chambres. Et sur un appel d’offres, nous avons recruté un réceptif qui a vocation à aider l’ensemble des délégations si elles le souhaitent. L’ONU a aussi mis en place un fonds d’assistance pour les pays qui en ont besoin.

Quels sont vos espoirs et inquiétudes pour cette COP ?

La grande inquiétude réside dans la sécurité des personnes. Déjà, nous avons demandé à toutes les entreprises de respecter strictement les lois. Le chantier doit être exemplaire. L’espoir, c’est que Paris soit le théâtre d’un accord qui conduise notre planète sur une trajectoire climatique plus raisonnable. Il y a un précédent de réunion des Nations-Unies en France, la Déclaration des Droits de l’homme en 1948. Si nous arrivons à un résultat similaire, nous aurons montré que notre pays était à la hauteur des attentes de la communauté internationale.

Pierre Henri Guignard, secrétaire de la COP 21

Ce fan de radio découvre l’Amérique latine en stop. Il y trouve son premier poste : conseiller de presse à l’ambassade de France à Mexico. Recruté par le Quai d’Orsay, il passe par New York et les Nations unies où il occupe les fonctions de porte-parole de la mission permanente de la France. Dominique de Villepin repère cet ancien élève de l’Ecole Française des Attachés de Presse et le nomme chef adjoint de cabinet. Promu au Protocole d’Etat, il prépare les voyages de Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin qu’il accompagne dans leurs déplacements, expérience dont il tirera un livre « Protocole et cérémonial, l’ordre de la République ». Après un poste d’ambassadeur au Panama, il se consacre depuis deux ans à la préparation de la COP21.

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