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« Inventons la métropole » : 61 sites et une affirmation politique

Ce lundi 10 octobre, la Métropole du Grand Paris, la Préfecture d’Île-de-France et la Société du Grand Paris dévoilaient les sites retenus pour leur appel à projets « Inventons la métropole ». Un grand raout visant surtout à affirmer l’ancrage de la nouvelle institution métropolitaine dans le paysage politique francilien.

Inventons la métropole, 10 aout, olivier delahaye

À la tribune ce 10 octobre, Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris. Crédit : Olivier Delahaye

« Un événement dans l’histoire du pays » (Jacques JP Martin).
« Un jour décisif pour le Grand Paris » (Philippe Yvin).
« L’acte de naissance de la Métropole du Grand Paris » (Patrick Ollier).
Les orateurs qui se sont succédé hier à la tribune lors de la présentation des sites retenus pour l’appel à projets « Inventons la métropole » n’ont pas lésiné sur le langage. Sans doute grisés par le succès de l’événement puisque les organisateurs tablaient sur 600 invités et que le Pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne a vu débarquer 1 600 personnes.

Du nord au sud, en passant par l’est

Sur les 112 sites proposés par 75 villes franciliennes en juillet dernier pour de nouveaux projets de construction, 61 ont donc été retenus dans un premier temps :

  • 5 dans Paris ;
  • 12 dans les Hauts-de-Seine ;
  • 24 en Seine-Saint-Denis ;
  • 15 dans le Val-de-Marne ;
  • 3 dans l’Essonne ;
  • 1 en Seine-et-Marne ;
  • 1 dans le Val d’Oise.

Les 12 territoires de la Métropole du Grand Paris sont concernés ainsi que 4 villes hors Métropole : Courcouronnes, Évry, Lieussaint et Gonesse. Si l’on examine le nombre de sites par territoire, on voit émerger trois territoires « gagnants » : Plaine Commune (T6) avec 7 sites retenus, Est Ensemble (T8) avec 10 sites et Grand-Orly/Val-de-Bièvre/Seine-Amont (T12) avec 10 sites aussi. Ce qui laisse à penser que la métropole se construit avant tout autour d’un grand arc de l’Est parisien allant d’Épinay-sur-Seine à Cachan.

Le calendrier de la consultation prévoit dorénavant une remise des projets par les équipes intéressées en janvier 2017, la sélection de 3 ou 4 candidats par site en février pour un dialogue compétitif et le choix final des lauréats en septembre de l’année prochaine.

Pour les 51 sites non retenus, le président de la Métropole du Grand Paris Patrick Ollier s’est engagé à ce que, « hormis les terrains où la maîtrise du foncier s’avère impossible », ils puissent concourir à une deuxième édition dès juin 2017.

Épopée urbaine

Huit ans après la consultation internationale sur le Grand Paris qui avait vu naître un nouvel imaginaire métropolitain, mais s’était arrêté aux portes de la transformation urbaine, c’est donc un nouvel élan architectural qui se lève, plus pragmatique, car concernant des sites parfaitement identifiés et d’une superficie relativement modeste (en moyenne 4 ha), mais suffisamment ambitieux pour susciter l’enthousiasme. Pour Patrick Ollier, « c’est un projet créateur de richesses, d’emplois et de logements. » Pour le maire de Nogent, Jacques JP Martin, « c’est un accélérateur de projets et un catalyseur d’énergie. » Et pour Philippe Yvin, président de la Société du Grand Paris : « Avec cet appel à projets qui s’ajoute aux candidatures de Paris pour les Jeux olympiques de 2024 et l’exposition universelle de 2025, et à la création du Grand Paris Express, prend forme une magnifique épopée urbaine. »

Si les organisateurs de ce concours sont aussi dithyrambiques, ce n’est pas tant à l’idée de construire des bâtiments, certains maires bâtisseurs ne les ont heureusement pas attendus pour cela. Comme le dit Jean-François Carenco, préfet d’Île-de-France : « Nous n’avons pas fait ce concours pour couler du béton – ça, on sait faire -, mais pour métropoliser. » Et métropoliser, ce serait fabriquer une identité commune. Lorsque la mairie de Paris lançait en 2014 son appel à projets « Réinventer Paris », la ville cherchait moins à construire qu’à promouvoir l’idée qu’elle ne souhaite pas être une ville-musée. « Inventons la métropole » est du même acabit. Le concours veut plus fédérer autour de l’idée que la métropole existe bel et bien et qu’elle est la condition sine qua non pour faire la ville de demain, celle que Jacques JP Martin nomme « la ville post-COP21 » quand la consultation internationale de 2008 voulait encore créer la ville post-Kyoto. Ce Grand Paris imaginé et plutôt imaginaire, mal défini, serait donc en train de se bâtir. Et son grand architecte s’appellerait Métropole du Grand Paris.

Une identité pour la MGP

Avec bientôt 300 jours d’existence, la Métropole du Grand Paris (MGP), dont les compétences sont encore réduites à peau de chagrin, cherche à s’affirmer. Elle doit faire face aux attaques répétées en provenance de la Région Île-de-France. Pas plus tard que la semaine dernière, sa présidente Valérie Pécresse déclarait devant un parterre d’acteurs de la filière construction : « D’ici à l’élection présidentielle, la Métropole du Grand Paris n’aura pas beaucoup existé ; c’est le moment d’agir et je crois vraiment qu’il faudrait aujourd’hui, un statut particulier de région métropole qui aurait l’essentiel des compétences ». Elle table donc sur une victoire de la droite en mai 2017 pour remettre en cause la Métropole du Grand Paris.

Ce dont ne veut pas entendre la maire de Paris Anne Hidalgo dont le discours à la tribune ce 10 octobre visait avant tout à soutenir cette nouvelle institution : « La métropole est un fait. Au-delà de nos différences, nous avons un destin commun. Nous avons un outil de gouvernance et nous ne pouvons pas reculer, mais au contraire confirmer l’élan des derniers mois. » Ironisant sur le grand nombre de personnalités politiques d’envergure nationale (les « chefs à plumes ») élues dans la région capitale et dont les dissensions ont fait prendre « 50 ans de retard à l’intercommunalité francilienne », elle pense que « ce cap est dorénavant passé et que l’on peut accélérer. » Accélérer, c’est le maître mot pour la MGP afin d’éviter d’être remise en question, malgré ses maigres compétences et son maigre budget. Et quand Anne Hidalgo parle de cet appel à projets qui doit « fabriquer la métropole dans son identité », il faut aussi entendre l’identité de la MGP.

Après tout, même si Patrick Ollier précise que « la MGP se veut avant tout un facilitateur, que ce seront les maires qui auront le dernier mot (ces mêmes maires qui siègent tous à la MGP) dans le choix des projets pour leur site », ces derniers seront malgré tout estampillés Métropole du Grand Paris.

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