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Étalement urbain : le commencement de la fin?

ANALYSE. La ville bétonne moins, ou bétonne ce qui l’était déjà. C’est le constat fait par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Île-de-France. Mais on ne saurait dire s’il s’agit d’une tendance à long terme ou conjoncturelle liée à la crise de la construction.

Carte de l'occupation du sol francilien, 2012

Carte de l’occupation du sol francilien, 2012

Tous les quatre ans, le mode d’occupation des sols (Mos) dresse une cartographie de l’Île-de-France dans son affectation physique et fonctionnelle des sols. Le Mos 2012 consultable sur le site de l’IAU îdF montre une ville qui se construit aujourd’hui majoritairement par le recyclage des espaces urbains que par son extension sur des espaces agricoles ou naturels. La densification est donc bien à l’oeuvre en Île-de-France.

La Seine-et-Marne réduit son extension urbaine

Les chiffres sont éloquents : « Alors qu’entre 2003 et 2008 la surface totale des espaces agri- coles, naturels et forestiers dimi- nuait de 1 239 ha chaque année, entre 2008 et 2012, ces espaces ont reculé de 647 ha par an, soit le rythme de consommation d’espaces agricoles, boisés et naturels le plus faible depuis trente ans », notent les auteurs d’une étude de l’IAU îdF.
Si le ralentissement de l’extension urbaine est particulièrement sensible en grande couronne, grâce notamment à la Seine-et-Marne qui « contribue à plus de la moitié de la réduction de la consommation d’espace », c’est encore là que les opérations de construction réalisées en extension se situent majoritairement  (à  Cergy-Pontoise, sur les parcs logistiques situés le long de la N2 et à proximité de l’A6, mais aussi sur les décharges de Seine-et-Marne et de l’Essonne).
Par ailleurs, sur la période 2008-2012, l’habitat individuel (-56% par rapport à 2003-2008), les emprises de transport (-68%), la logistique (-73%) et le commerce (-58%), ont fortement ralenti leur emprise sur les espaces non urbanisés. Des chiffres à mettre en corrélation avec la crise de la construction qui affiche une baisse de 25% entre les deux périodes.

Une grande couronne qui recycle aussi

Comparativement, la mutation des espaces déjà urbanisés s’est maintenue à un rythme de 1 500 ha par an entre 2008 et 2012. Ainsi, le recyclage urbain est devenu le principal créateur (à 61%) de nouveaux espaces urbanisés dont l’habitat est le principal gagnant (25% des espaces produits) ainsi que les bureaux et la logistique. Si le « phénomène est habituel pour Paris et la petite couronne où, entre 2008 et 2012, 386 ha d’espaces urbanisés ont muté vers une nouvelle vocation urbaine chaque année », précise l’étude, il est tout à fait nouveau en grande couronne puisque 53% de ses nouveaux espaces urbains résultent du recyclage, contre 38% entre 2003 et 2008. La tendance est vérifiable en Essonne, dans les Yvelines et le Val d’Oise, moins en Seine-et-Marne. Autant aujourd’hui que dans la zone dense, la grande couronne est en effet le lieu d’importantes opérations urbaines, comme à Meaux (77) ou à Mantes-la-Jolie (78).

Extension ou recyclage

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