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Daniel Behar : « Il n’y a pas de Métropole idéale »

Article 14/22 du Dossier | Création de la Métropole du Grand Paris

POINT DE VUE. Géographe, Daniel Behar a fait partie de l’équipe de Christian de Portzamparc dans le cadre de la consultation internationale pour le Grand Paris, avant d’intégrer celle de TVK au sein de l’AIGP. Il est professeur à l’École d’Urbanisme de Paris, et responsable pédagogique du premier diplôme universitaire consacré au Grand Paris, dont la rentrée aura lieu le 7 janvier prochain.

regard Behar

Que vous inspire la création ainsi faîte de la Métropole du Grand Paris ?

J’ai regardé les réponses des autres observateurs de la Métropole sur votre site, et, à vrai dire, je suis plus surpris par la tonalité générale de celles-ci, sur le mode « Ce n’est pas bien, c’est un échec, c’est ridicule », que par la création de la Métropole… Je ne comprends pas bien. Quand on observe la question de la gouvernance des grandes métropoles dans le monde, on voit bien que la création d’une institution métropolitaine globale, unifiée, intégrée par le haut, n’existe pas. Et encore moins sur le Grand Paris, en France, dans un état unitaire.

On sait que l’institution intégrée à la bonne échelle qu’il aurait fallu booster, c’est la région. Sauf que politiquement, c’est impossible parce qu’elle aurait été en concurrence directe avec l’État. Arrêtons de rêver sur une solution intégrée de gouvernance des métropoles… Un peu de réalisme, ce n’est pas une surprise ! Il fallait s’attendre à une Métropole qui ne soit pas sur le bon périmètre, qui n’ait pas beaucoup de compétences et une gouvernance complexe. D’accord, c’est bancal, mais c’est bancal par nature, consubstantiel à la question de la gouvernance métropolitaine, aujourd’hui, partout dans le monde. L’institution qu’on va créer n’est pas la bonne, et n’est pas créée dans de bonnes conditions parce que de toutes façons, il n’y a pas d’alternative.

Qu’en attendez-vous ou que peut-on en attendre ?

La création des établissements publics de territoires et des grandes intercommunalités de Seconde Couronne est plus intéressante que la création de la Métropole du Grand Paris. Le maillage exhaustif du territoire de l’aire métropolitaine par de grandes intercommunalités va changer la donne. C’est cela la nouveauté, pas la Métropole. À l’échelle de 300 000, 400 000 habitants, c’est la constitution, en gros, d’un G30, si je puis dire, car il y aura 12 territoires au sein de la Métropole et une vingtaine autour. Cela va permettre véritablement de fabriquer de la maîtrise d’ouvrage urbaine. On peut espérer que ces 20-30 intercommunalités dialoguent entre elles et que la gouvernance métropolitaine se fabrique par le bas. Entre ces intercommunalités.

Quelle est votre vision personnelle du Grand Paris ?

Ma vision du Grand Paris n’est pas une vision idéale. La métropolisation est un phénomène paradoxal. Son développement entraîne de la fracture, mais appelle la cohésion sociale. Tout comme il n’y a pas de gouvernance métropolitaine idéale, il n’y a pas de Métropole idéale, mais une dynamique, et une capacité collective à la réguler.

Daniel Behard

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