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Carrières-sous-Poissy : le bois met tout le monde d’accord

La ville des Yvelines poursuit un important renouvellement urbain et cherche des alternatives énergétiques pour ses nouveaux bâtiments. La mis en place d’un réseau de chaleur lui permet de se tourner plus efficacement vers les énergies renouvelables.

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Le futur parc urbain de Carrières – Crédit : ANMA

Avec ses 15 000 habitants, Carrières-sous-Poissy (Yvelines) n’est certainement pas la commune la plus importante d’Île-de-France. Mais son programme de construction de plusieurs milliers de logements à l’horizon 2025, baptisé « Carrières Centralité » est, lui, assez colossal, surtout si on le rapporte justement à la taille de la ville. Il est initié et piloté par l’Epamsa, l’Établissement public d’aménagement (EPA) en charge de l’Opération d’intérêt national (OIN) Seine-Aval.

Signe que les temps ont changé, cet aménageur poursuit un double objectif : non seulement densifier la ville – une obligation qui répond au besoin énorme de logements – mais aussi préserver l’environnement – une préoccupation quand même récente pour les EPA. Il faut dire que ces établissements sont l’un des bras armés de l’État sur les territoires et appliquent donc sa politique, en particulier celle issue du Grenelle de l’environnement. Et sur le terrain, pour les habitants, ce double objectif se traduit désormais par des initiatives concrètes. Un bon exemple a été présenté à Paris le 3 décembre lors du SIMI, le salon des professionnels de l’immobilier.

Intérêts différents, bois convergent

À Carrières-sous-Poissy, un réseau de chaleur tout neuf et surtout alimenté principalement (70%) au bois est désormais prêt à fournir ses calories à 700 logements encore en construction, une école et un centre de loisirs, le tout situé dans un quartier qui fera justement partie de « Carrières Centralité ». La chaufferie de ce réseau de chaleur brûle du bois régional, le gaz étant devenu une énergie d’appoint réservée aux pics de consommation.
Le bois-énergie, aujourd’hui, semble posséder une qualité rare : il met tout le monde d’accord, comme le font d’ailleurs d’autres sources d’énergie renouvelables, notamment la géothermie. À Carrières, le maire Christophe Delrieu, l’Epamsa, les actuels et futurs promoteurs immobiliers (Nexity, Promogim, Arc promotion, Semiic promotion) et, last but not the least, le fournisseur d’énergie et opérateur de réseaux Dalkia, filiale d’EDF, ont en effet un point commun : ils recherchent des économies d’énergie à grande échelle. Pour des raisons sociales (l’objectif de la mairie), financières (les promoteurs), politiques et d’intérêt général (l’Epamsa) et d’affaires (Dalkia), les différents protagonistes ont intérêt à s’affranchir des incertitudes et des coûts que générerait l’utilisation exclusive du gaz (sans parler du fuel !) dans un équipement de grand gabarit.
Pour les Carriérois, en tout cas pour ceux qui emménageront dans les nouveaux immeubles, ces économies d’énergie doivent aussi et surtout se traduire par un coût de chauffage faible et stable dans le temps. Dalkia, par la voix de Jean-Philippe Buisson, son directeur régional Île-de-France, estime que leur facture de chauffage restera inférieure à 700 euros par an.

Granulés normands

Cela dit, ce chauffage à prix plutôt faible et prévu pour le rester (ce qui n’est quand même pas garanti) n’est pas imputable à la seule chaufferie à bois. Il résulte plutôt de l’addition de trois facteurs complètement différents Le premier est décrit ainsi par Jean-Philippe Buisson : « Les granulés de bois consommés par notre chaufferie de 600 kW sont produits en Île-de-France et en Normandie ; ils sont principalement issus de produits de récupération, de déchets de scieries… Leur prix ne dépend donc pas des variations des cours des énergies fossiles. » Le second facteur est fiscal : la facture des occupants des futurs logements supportera une TVA à 5,5 % et non 20 %, un taux avantageux et incitatif réservé aux énergies renouvelables. Enfin, le troisième facteur est à chercher dans les murs : les immeubles des quatre promoteurs du programme seront au moins BBC et consommeront peu.
Le recours aux énergies renouvelables a pour autre conséquence de réduire les émissions de CO2 – 625 tonnes/an sont ainsi évitées grâce à cette chaufferie bois. Christophe Delrieux a constaté que cet argument écologique était devenu important pour ses administrés. Il l’est aussi pour l’Epamsa, bien entendu, qui traduit sur le terrain la volonté de l’État. Il l’est enfin pour Dalkia qui possède déjà une vingtaine de chaufferies à biomasse en région parisienne et compte bien accélérer son développement sur ce créneau devenu porteur.

Carrières centralité est une opération d’aménagement visant à créer à Carrières-sous-Poissy un nouveau centre-ville ouvert sur la Seine, à proximité de la gare RER/SNCF, et comprenant 2 800 logements, un parc urbain de 10,5 ha, une place publique, des commerces et activités. La ZAC a été dessinée par l’architecte Nicolas Michelin.

Calendrier
2014 : Livraison du premier groupe scolaire de 13 classes, démarrage des travaux des programmes immobiliers de SEMIIC Promotion, Nexity, Promogim et d’Arc Promotion.
2015 : Livraison des programmes immobiliers « La Closerie » de 62 logements et « Quartz Vert » de 47 logements, démarrage des travaux du parc urbain.
2016 : Livraison de la première tranche du parc urbain.
2025 : Achèvement du nouveau centre-ville et de ses quartiers.

 

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